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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:15

Petites phrases sympas de mes nouveaux petiots, la rentrée, c'est aussi ça :

 

- Gilbert a fait pipi dans sa couchette de sieste. Il se lève tout penaud et dit "J'ai dormi trop fort, mais mon pipi s'était réveillé"

 

- Celui-ci reste à la garderie visiblement très tard le soir "J'suis pas pressé, maman finit le boulot à minuit à la garderie !"

 

- "Mon papa a dit que j'avais de la chance parce que j'avais deux maîtresses." Jaloux le papa ?  

 

- "Si je continue de tomber, je deviendrai tout bleu !"

 

- "Tu peux prendre des photos maîtresse moi j'ai mis du parfum !"

 

Et ce petit a bien du mal à s'y retrouver dans toutes ces histoires de famille : 

- "Alors Gilbert, tu as un petit frère ? Une petite soeur ? 

- Oui

- Une petite soeur ?

- Oui !

- Ha, et elle s'appelle comment ?

- Mathis

- Ha bah c'est un petit frère alors ?

- Oui"

Au final ? Les deux mon capitaine. Des petits jumeaux, un garçon, une fille, un Baptiste, une Mathilde. 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:54

J'en ai marre qu'on me dise "non mais arrête de dire que ton métier est dur, t'as 2 mois de vacances, tu bosses pas le mercredi, ..." C'est sur que ça ne va pas m'aider à trouver la motivation que d'entendre que je suis une faignasse. Si je comptais mes heures, je pense qu'on monterait rapidement au delà des 40-45h par semaine. J'ose pas trop compter en fait. Si je peux disposer de mon temps un mercredi matin sur deux (les autres mercredis, je suis à l'école en réunion ou aide personnalisée), je l'utilise en grande majorité à préparer ma classe, et figurez vous que souvent, ça déborde sur le mercredi après midi et sur les week ends. Pour ce qui est des vacances, cette année Gilbert est parti en vacances le 5 juillet au soir, nous le 6. De retour de vacances le 10 août, je me suis remise au travail pour préparer la rentrée. 1 mois donc. Un peu comme tout le monde en fait.

 

Ça m'aiderait surement plus si nos politiques cessaient de dévaloriser la profession aux yeux du grand public. Non je ne suis pas payée à changer des couches et surveiller la sieste. Pas la peine de me demander de passer 35h dans mon établissement, j'y passe déjà 40h par semaine. Pas la peine non plus de faire croire que n'importe qui peut être prof, du moment qu'il a les compétences dans un domaine. Pas sure que Usain Bolt fasse un excellent prof de sport, pourtant, il court drôlement vite. Pas certaine non plus que Jane Birkin puisse enseigner l'anglais, même si elle le parle très bien. La pédagogie compte un tout petit peu quand on se retrouve face à des élèves.

 

Je ne crois pas être une exception quant à la somme de travail fournie, quand je quitte l'école vers 18h30, je suis rarement la dernière.

 

Je ne crois pas non plus être une exception quant à la fatigue que je peux exprimer ici. J'aime ce que je fais, mais j'aimerais encore davantage qu'on considère mon métier comme un vrai métier, avec des responsabilités (seule dans une classe avec 30 enfants, je considère que c'est une sacré responsabilité, et je ne parle pas de la mission qu'on nous confie), avec des horaires certes souples (j'ai besoin de voir le toubib mercredi, ben je bosserai plus samedi), mais qui ne se réduisent pas à 24h passées devant les élèves. 

 

J'aimerais pouvoir inviter tous ceux qui pensent qu'instit en maternelle c'est relax à venir passer la semaine dans ma classe, au quotidien avec Gilbert et ses copains, parfois c'est dur. 

 

 

J'ai l'air de me plaindre là comme ça, mais j'ai de la chance. Je bosse dans un établissement sympa, pas trop loin de chez moi, quand je rentre chez moi, point de gnomes qui me courent dans les pattes. Je serais curieuse de savoir combien de jeunes enseignants baissent les bras dans leurs premières années de travail. Et quand ma psy me dit qu'elle entend ça de la part d'enseignants, je ne suis pas vraiment surprise.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 18:43

Voilà, les vacances sont finies, ce matin, il a fallu reprendre le chemin de l'école.

J'ai les chocottes. Pas tellement de la rentrée des gnomes, je commence à connaître Gilbert et ses copains. Mais de savoir si le boulot fourni cet été va porter ses fruits. 

Deux heures de discussion avec mes collègues ont suffi à anéantir quelques brides de confiance en moi que j'avais durement acquises. J'ai l'impression de devoir passer un examen. Si ça se passe bien avec Gilbert cette année, on pourra surement continuer, sinon ... Que ferais-je ? Aurais-je le courage de continuer, ou de changer d'école, de niveau ? Me laissera-t-on le faire ?

 

Finalement, c'est surement Gilbert qui lèvera mes angoisses, une fois dans le quotidien de la classe, j'oublierai mes faiblesses, et peut être mes doutes ... Enfin, j'espère !

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 21:53

La maîtresse n'en peut plus. Fatigue. Ras-le-bol. Et questionnements ...

Voilà des semaines que j'attends ces vacances, véritable oasis au milieu de ce qui ressemble à une traversée du désert.

Et si ce job n'était pas pour moi ? Et si je n'avais pas les épaules pour porter ça ? Et si ... et si ...

Il y a des phrases qui parfois sortent ici et choquent. Et il y a celles qui feraient mieux de ne jamais sortir devant les enfants, ou leurs parents. 

Mais si elles sortaient quand même ? Seraient-elle le reflet du fond de ma pensée ou celui d'un état d'esprit passager ? Je ne sais pas. Peut-être que si mes collègues, mes élèves, mes parents d'élèves savaient, je me sentirais plus légère. Peut être que si je retrouvais la complicité naturelle que j'ai toujours eue avec les enfants, au delà de toute relation d'enseignement, je n'aurais plus ce nœud au ventre au moment de monter dans ma voiture pour aller bosser. Peut être ...

 

"Oui Gilbert, je t'entends hurler mon prénom à l'autre bout de la classe, mais je n'ai pas envie de te répondre, je préfèrerais que tu viennes jusqu'à moi. Ou que tu te taises."

"Tu m'énerves Gilbert. Je ne sais pas comment faire avec toi, peut être parce que tu me renvois que ma séance n'a pas vraiment de sens pour toi, ou que tu t'en fiches de ce que je te raconte sans grande conviction. Il parait que les collègues font ça, ça doit être bien pourtant."

"Gilbert !!! Ca fait dix fois que je dis ton prénom depuis 8h30 ce matin, alors qu'il est à peine 9h. J'en ai déjà marre et il nous reste 6h à faire ensemble. Je vais criser là. Chut. Tais toi. Je n'en peux déjà plus de toi. Oh rassure toi, tu n'y es probablement pas pour grand chose. Même si ton comportement est souvent légèrement énervant. Je m'énerve facilement en ce moment."

 

Alors je me tais. Je ravale mes larmes en partant au boulot. Je me ferme aux remarques desobligeantes qui pourraient me faire craquer. Et je sors mon masque "maîtresse souriante" pour tenter de donner le change devant les parents, les enfants, les collègues. 

Parfois, le masque se fissure, heureusemnent, je suis souvent la première à le sentir, alors je m'isole, je pleure un peu, et après, ça va mieux.

 

J'ai envie de tout foutre en l'air.

 

Il y a 10 ans, je ne rêvais que de ce que j'ai aujourd'hui. Une classe, des maternelles, une équipe sympa, et des petits bouts à la maison beaucoup plus sympas que ceux de l'école, bien sûr. 

Aujourd'hui, je suis contente de ne pas trouver d'enfants à la maison en rentrant, parce que je crois que je serais désagréable avec eux. Qu'est ce qui a changé ? 

Je ne sais pas.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 21:19

Le papa de Gérard est arrivé de bonne heure. Tenant son fils par la main, il m'attendait devant la porte de la classe plus de 30 minutes avant l'arrivée des petits. A peine entrée dans le couloir, à peine un bonjour, je sens l'agressivité dans son regard, dans sa posture, et dans le ton de sa voix quand il me lance : "Je veux vous parler".

 

OK. 

Zen.

Tout va bien se passer.

On garde son calme.

Attitude professionnelle.

 

- Bonjour monsieur, vous permettez que je pose mes affaires ?

- Gérard m'a dit que vous l'aviez mis à dormir dehors hier.

 

Je pose mon cartable, mon sac, je prends le temps d'aller mettre mon manteau au crochet.

Je contiens mon stress, il n'est pas là pour discuter, il est là pour accuser. Je ne dois pas me laisser décontenancer.

Facile à dire, j'ai dormi 4h cette nuit, après avoir mentalement revu ma journée, celle du lendemain, après avoir supplié 100 fois mon cerveau de se mettre en veille pour me laisser me reposer. 

Je prends sur moi, j'affiche mon sourire professionnel, et autant d'assurance que possible.

 

 

- Oui monsieur, Gérard a été très pénible hier ...

- Vous l'avez mis dehors ?

- Oui monsieur, comme je vous le disais ...

- VOUS N'AVEZ PAS À TRAITER MON FILS COMME UN CHIEN !

 

 

OK.

Là, il s'énerve beaucoup je crois. J'aimerai pouvoir lui présenter la situation de mon point de vue, d'adulte à adulte, d'éducateur à éducateur, mais il ne l'entend pas de cette oreille. Il n'entend que la parole de son fils.

 

 

- Laissez moi vous expliquer, j'ai du isoler Gérard hier car il perturbait le temps de repos en bavardant.

- ET LES AUTRES ENFANTS, VOUS LES AVEZ PUNIS ?

- Non monsieur, car seul Gérard ...

- AH, VOUS EN VOULEZ À GÉRARD ! QUAND DES ENFANTS FONT DES BÊTISES, ON LES PUNIT TOUS MADAME !

- J'ai puni Gérard car il n'a pas cessé quand je lui ai demandé de se calmer et ce à plusieurs reprises.

- MAIS VOUS N'AVEZ PAS PUNI LES AUTRES ! JE NE TOLÈRERAI PAS QUE VOUS VOUS ACHARNIEZ SUR MON FILS ! POURQUOI NE PAS L'AVOIR GARDÉ DANS LA CLASSE ?! 

- J'ai du l'isoler, et ayant 30 enfants, allongés entre les meubles de la classe, j'ai du mettre Gérard à l'entrée de la classe, en laissant la porte ouverte, j'avais bien sûr un oeil sur lui ...

- GÉRARD M'A DIT QUE LE COULOIR ÉTAIT SALE, VOUS L'AVEZ HUMILIÉ !

 

 

Nous ne sommes pas dans le dialogue, mais impossible d'abréger la conversation, il ne me laisse pas en placer une et n'entend pas un mot de ce que je tente vainement de lui expliquer. 

Il remettra en cause ma capacité de jugement, l'égalité de traitement entre les élèves, allant jusqu'à sous entendre que j'ai puni son fils parce qu'il est noir, menaçant de faire remonter l'affaire à la direction.

J'ai sauté sur l'occasion, connaissant la confiance et le soutien de mes collègues dans ce genre de situation.

 

 

- Je vous en prie monsieur, allez voir la direction !

 

 

Je crois qu'il ne s'attendait pas à ce genre de réponse. 

Il est reparti, tirant son fils par le bras.

 

Et l'histoire aurait presque pu s'arrêter là.

 

 

 

 

Mais à 17h30, revenant de la salle des profs, je croise une collègue. "La maman de Gérard t'attend. On est avec toi, ça va bien se passer." 

 

Putain. J'ai envie de partir en courant, de rentrer chez moi, et un peu de me cacher sous la couette pour tenter de récupérer le sommeil qu'il me manque.

Je rassemble mon courage, et je vais affronter la maman de Gérard. 

Elle est plus posée que son époux, mais je me méfie quand même.

 

 

- Bonjour madame.

- Bonjour, je sais que vous avez vu mon mari ce matin, je voulais faire le point avec vous.

 

 

Faire le point a pris 45 minutes. J'ai encore une fois du me justifier, expliquer que non, je n'avais pas puni Gérard à cause de sa couleur de peau, que si je n'avais pas puni les autres c'est parce qu'ils ne le méritaient pas, que la punition n'avait pas duré plus de 5 minutes, et que ce type de punition n'était pas humiliant, Gérard ayant gardé son doudou, son tapis de sieste, et que bon il serait un tout petit peu sympa de faire confiance aux professionnels auxquels ils confient leur enfant, qu'on ne peut travailler qu'en collaboration ...

 

 

C'est mon directeur qui m'a libérée au bout de trois quarts d'heure, proposant à la maman de Gérard de discuter dans son bureau. 

 

 

Je suis rentrée chez moi, sur les nerfs, remettant en cause mes pratiques, mal au ventre, et l'esprit tournant à 100 à l'heure pour imaginer sur quel autre aspect ils pourraient bien m'attaquer la prochaine fois.

 

Je crois que j'ai réussi à être pro, mais j'appréhende le retour à l'école, jeudi.

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 14:50

Et voici déjà la fin de l'année scolaire, la période la plus longue et chargée de l'année, rapport au fait que les parents des gnomes attendent impatiemment de s'extasier devant le premier cadeau de fête des mères réalisé à l'école par les mains potelées de leur petite merveille.

Le soucis, c'est que pour que les parents s'extasient, il faut que la maîtresse se creuse la tête. Les capacités manuelles d'un gnome de 3 ans étant ce qu'elles sont, il faut redoubler d'inventivité pour trouver un truc pas trop moche que les gnomes pourront faire (presque) tous seuls. 

J'ai déjà exploité (honte à moi) le filon de la boite de camembert, sauvée in extremis par les grands parents de Gilbert qui avaient organisé un méchoui dans leur jardin, et acheté à l'occasion une quinzaine de boites du précieux fromage. 

Je n'ai pas exploité encore (mais je ne suis pas désespérée à ce point) le collier de nouilles peintes à la gouache qui tient pas, et que maman foutra à la poubelle dès que Gilbert l'aura oublié. 

 

Cette année, pour épargner aux mamans le choix cornélien qui s'imposent à elles chaque année, je fais dans l'éphémère. Le cadeau mignon, qu'on peut jeter sans remord. On dit que les femmes aiment les fleurs ? Et bien offrons des fleurs aux mamans de la classe. Ca sera l'occasion de découvrir ce qu'est une graine (non pas celle que papa met dans maman pour faire un bébé), d'observer les étapes du développement d'une plante, et tout plein de choses super pédagogiques et qui rentrent dans le programme en plus.

Je compte sur vos bonnes ondes pour que nos fleurs aient le bon goût de pousser dans les temps. Au pire, les mamans auront une fleur en gestation, ... 

Et elles en feront bien ce qu'elles voudront. De toute façon, Gilbert, lui, n'en fait qu'à sa tête. Il veut dormir à 10h le matin, mais surtout pas faire la sieste à 14h. Assis devant une table ? Trop ringard. Debout sur la table ? Top cool. Éviter les flaques d'eau sur la cour ? Trop ringard. Se coltiner des chaussures trempées pour le reste de la journée ? Top cool.

 

Mais je ne me fais pas de soucis, la période va être sympa, retour du soleil (le con, il s'est bien gardé de se montrer pendant les vacances hein !), préparatifs pour la fête de l'école, la fête des mères, celle des pères, et surtout, c'est la dernière de l'année, et vu la bande de zigotos qui m'attend l'année prochaine, je compte bien profiter des dernières semaines avec mes petits anges.

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 13:04

Ce Gilbert là est dans sa bulle. Une bulle bien entretenue par sa famille, toujours bien propre, bien coiffé, poli devant papa et maman. Mais quand ceux-ci s'absentent, la bulle se ferme, et s'opacifie. Gilbert a ses copains, il est plutôt exclusif et se retrouve un peu perdu quand ses deux copains habituels sont absents.

 

Parfois, Gilbert a des accès de tendresse envers ses copains, ou envers d'autres enfants de la classe. Un gros câlin un peu fort, le copain qui fond en larme, et Gilbert qui le regarde, interloqué de sa réaction. Parfois, la colère s'exprime dans l'autre sens, coups de pied, coups de poings, ... Gilbert aime bien que les autres lui fassent mal. Souvent, sur le banc, il demande à son voisin de le pincer, et répète en boucle "même pas mal, même pas mal, même pas mal".

 

Gilbert a souvent l'air de se réveiller quand on l'interroge. Un peu comme si à chaque fois, il se disait "Oh, on a prononcé mon prénom". Du coup, dans les apprentissages, ça pose un peu problème, parce qu'il faut toujours répéter la consigne à Gilbert, individuellement, alors que les autres enfants de son âge n'en ont plus besoin depuis environ 1 an. Parfois, même quand on prononce son nom, la bulle de Gilbert est tellement fermée qu'il ne réagit pas. Il se retrouve seul sur le banc parce que tout le monde est parti en atelier, et il comprend qu'il doit rejoindre un groupe. Mais il ne sait pas lequel. Alors il déambule dans la classe jusqu'à ce qu'un adulte l'oriente.

 

Il ne faut pas trop être pressé avec Gilbert. Souvent c'est le dernier à enfiler son vêtement, ou à venir se ranger. Parfois aussi, Gilbert met du temps parce qu'on n'est pas passés par le même itinéraire que d'habitude. Si un jour on décide de retourner dans la classe après le passage aux toilettes, Gilbert reste interdit devant la porte de la salle de jeux. Presque choqué qu'on ait changé de programme. 

 

Parfois, je me demande si le comportement de Gilbert est tout à fait "normal" pour son âge. Hier, une collègue a employé le mot "autistique" pour parler de lui. Je crois que c'est un peu fort quand même. Mais je ne sais pas si je crois bien.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:17

J'ai remarqué, dans mon école, que quand les gnomes sont agités (genre un peu plus que la normale), on accuse souvent le temps. C'est facile, ça ne culpabilise personne, et ça s'applique à tous les gnomes, par tous les temps.

 

 

Exemple 1 : 15 novembre, il pleut, il vente, bref, c'est l'automne. Tous les gnomes le savent, ils ont collé des feuilles mortes dans leurs cahiers, ils ont bourré leur cartable de feuilles mortes, offert 15 bouquets de feuilles à leur maman, ... Tous les adultes le savent aussi, la classe est pleine de terre, le couloir plein de feuilles mortes, et on ne peut sortir que sous le préau : "Récré sous le préau, ma tête a bobo." (Proverbe chinois) Et puis le 15 novembre, ça fait déjà 15 jours que les gnomes voient des décorations de Noël fleurir partout. Et les phrases aberrantes aussi fleurissent "Ça sent la tempête, Gilbert est sacrément énervé !" Si je pouvais, je dirais à la maman de Gilbert que s'il devait y avoir une tempête chaque fois que son gnome est énervé, ça serait Xynthia quotidiennement à l'école. Le père Noël 0 - 1 Le VENT.

 

 

Exemple 2 : 15 janvier, il pleut toujours, il vente, il fait froid, bref, c'est l'hiver. Tous les gnomes le savent, même si ici, la neige on ne la voit pas dans la cour de l'école, mais plutôt dans des dessins, des photos de loin d'ici où les gnomes vont bientôt aller faire du ski et des livres parlant d'un vieux barbu au ventre rebondi d'un accro à la bière et habillé en rouge. Les gnomes ont eu leurs cadeaux de Noël. C'est cool. Hello Kitty et Flash McQueen vont pouvoir se nourrir encore copieusement cette année. Les gnomes ont aussi compris que Noël, ça revenait l'année prochaine. C'est moins cool. Gilbert a déjà écrit sa lettre pour le gros barbu, et demande sans arrêt "C'est quand l'année prochaine ?" Heureusement, à l'école, on prépare la galette des rois, on se tabasse pour une fève, on pleure parce que la copine a dit que sa couronne était plus jolie que celle de Gilbert. Bref, la routine. Mais ce n'est pas toute cette agitation qui énerve les petits, non non, c'est le VENT.

 

 

Exemple 3 : 15 juin, il ne pleut plus, il ne fait plus du tout froid, une petite brise raffraichit tout juste l'air chaud (et te fait oublier que tu es en train de prendre un coup de soleil en surveillant la cour), bref, c'est presque l'été. Tous les gnomes le savent, la fin de l'année approche, les dernières vacances remontent à Mathusalem et la fête de l'école approche. Bien sûr, il faut faire répéter tous ces joyeux bambins pour faire sourire leurs parents gagas, alors, ça perturbe un peu l'organisation habituelle. Et puis Gilbert a bien compris que bientôt, après les grandes vacances au centre aéré, il ne sera plus un petit, il va devenir un drand. Un drand de tatre ans. Et il a sacrément hâte parce que son amoureuse, elle est chez les grands. Mais bon, à quoi bon vous parler de tout ça puisque ce qui énerve Gilbert, de toute façon, c'est le VENT.

 

 

Bon, j'veux pas dire, mais on bataille dans nos classes pour que le gnome qui fait un coupable idéal ne soit pas stigmatisé, toussa toussa, et on se permet d'accuser à tord et à travers la météo. Pourquoi ne dirait-on pas que c'est le VENT qui a déchiré le livre/renversé son assiette de lentilles sans faire exprès en regardant droit dans les yeux la dame de service/provoqué une rencontre brutale entre la tête du copain et le mur du préau/... ?

 

Oh , bien sûr, Gilbert est un petit ange, mais quand même, le vent, il a bon dos !

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:37

Je m'étais dit, tiens, ça serait marrant de raconter la semaine des vacances, tiens, ça serait marrant de vous montrer qu'on galère un peu quand les gnomes sont fatigués, et que nous on l'est aussi, et qu'on est donc un peu moins résistant. Je m'étais dit bon, j'ai été malade la semaine des vacances, et j'ai loupé mon article en deux morceaux, j'me rattraperai plus tard. Je m'étais dit, allez, après les vacances, je m'y remets, ....

 

Et puis,... et puis, ... 

 

Et puis me revoilà, au moment où personnellement, je m'attendais le moins à trouver du temps pour mettre à jour ce blog. 

 

Allez, je vous plante le décor : 

Depuis un mois, on repousse au maximum le moment fatidique où on va devoir prononcer le mot Noël. Parce que ce mot, au delà de toutes croyances religieuses, a un pouvoir terrifiant sur les enfants. Prenez une classe de gnomes, âgés de 3 ans 1/2, 4 ans. Prononcez le mot interdit. Vous vous retrouvez face à une armée de gnomes sauvages à dompter.

Autant vous dire que la société de consommation ne nous aide pas. Les premiers Pères Noël sont apparus dans les devantures de magasins au 20 octobre. Après ça, on a un peu de mal à avoir l'air crédible quand on dit à un gnome qui chante "Petit Papa Noël" le 3 novembre "Ne t'emballe pas Gilbert, Noël c'est dans looooooooongtemps !"

S'il y a une chose que les gnomes ont bien comprise, c'est que la maîtresse n'avait pas trop trop envie de parler du gros barbu au manteau rouge. Ils en parlent entre eux, ça, c'est quasiment leur seul sujet de conversation depuis environ un mois (Et t'as écrit ta lettre toi ? Et tu vas avoir quoi ? Et ben moi j'ai commandé ça aussi !). Mais ça n'a pas trop d'impact sur les temps collectifs. 

 

Sauf que la tradition veut que le soir des vacances de Noël, les gnomes emportent à la maison un petit cadeau pour leurs parents. Cadeau qu'ils auront décrit en long en large et en travers pendant les quinze jours de préparation du cadeau "mais je dirais rien moi, c'est une surprise hein !".

Alors on est bien obligés de lancer le sujet à un moment ou un autre. Personnellement, j'attends le début du mois de décembre. Avant, l'excuse c'est "Noël, c'est dans le prochain calendrier !".

Mais voilà, le prochain calendrier, il est en place depuis deux jours. Et forcément, on y a écrit Noël. Du coup, les gnomes commencent à être persuadés que "C'est Noëëëëëël".

Là.

 

Maintenant.

 

Tout de suite.

 

Ou alors demain matin. 

 

Quoi ? Toujours pas ?

 

Non mais c'est une blague ? 

 

Il va se dépêcher le gros barbu ?

 

Aaaaaaaarg.

 

 

Décembre va être long. 

 

Très long.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 12:05

La semaine des vacances n'est pas une semaine comme les autres. 

 

 

Le lundi, quand tu te réveilles, la première chose à laquelle tu penses c'est au vendredi soir, quand tu auras rendu les gnomes à leurs parents, et que tu pourras enfin profiter d'un peu de repos, genre un peu plus que deux pauvres petites grasses matinées. Les yeux à peine ouverts, et à peine motivée pour ta journée. 

Le lundi, quand les gnomes arrivent à l'école, tu as l'impression d'être un vendredi. Des larmes, des colères, des yeux à peine ouverts, comme les tiens en fait. Bref, le gnome est crevé, et un gnome crevé n'est pas calme, sache-le !

Le lundi, quand tu rends les gnomes à leurs parents le soir, ta voix montre déjà des signes de faiblesse. Un peu comme si les microbes avaient attendu les vacances pour attaquer fort. Un peu comme si tes défenses immunitaires, elles aussi, en avaient raz le bol de résister aux attaques gnomesques.

Le lundi, quand tu vas te coucher, tu te dis "plus que 4 réveils avant les vacances !". 

 

 

Le mardi, quand tu te réveilles, la première chose à laquelle tu penses c'est au vendredi soir, pareil que le lundi en fait. Il n'y a plus de pain, alors tu manges un peu n'importe quoi au petit déjeuner. Il n'y a plus rien dans le frigo pour le midi, tant pis, tu mangeras un sandwich.

Le mardi, quand les gnomes arrivent à l'école, tu sens que les parents ont eu du mal à les lever. Tu espères, secrètement qu'ils vont prolonger un peu leur nuit, enfin, surtout le silence de leur nuit. Mais au fond de toi, tu sais que tu rêves. Tu te l'es déjà dit hier, un gnome crevé est un gnome énervé. Et énervant, en prime. Ta voix a à peine récupéré de la veille mais la voix des gnomes ne montre aucun signe de faiblesse. 

Le mardi, quand tu rends les gnomes à leurs parents le soir, tu parles tout bas, avec le secret espoir de préserver le brin de voix qu'il te reste. Tu es ravie d'avoir eu trois gnomes à changer à la récré, parce que tu comprends, il y avait des flaques d'eau, ils n'ont pas joué dedans, mais ils sont quand même tombés à pied joint dedans. Oui oui, trois fois de suite, ils sont tombés, par hasard, les deux pieds dans la flaque !

Le mardi, quand tu vas te coucher, tu te dis "je ne vais jamais réussir à parler demain". Tu te dis aussi "Plus que 3 réveils avant les vacances !". 

 

 

A suivre ...

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Qui Est Gilbert ?