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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 14:01

Alors que les médias ne parlent que de la rentrée, parlons un peu de la seule source de motivation de toute feignasse de prof qui se respecte : LES VACANCES. Et encore mieux : LES GRANDES VACANCES ! (Parce que pendant les petites vacances, ya toujours des choses à préparer pour l'école (mais ne le répétez pas, certains pourraient croire qu'on travaille parfois) )

 

Cette année, elles commencaient le 5 juillet au soir pour Gilbert. 

Généralement, une fois la sortie des classes passée, je range un peu la classe vide totalement la moindre étagère, puis je vide la classe de tous ses meubles pour que ces messieurs de l'entreprise de nettoyage puissent passer une grosse machine sur mon lino tout pourri. Une fois que le déménagement est fini, je n'ai généralement plus trop envie de travailler, rapport au fait qu'il ne reste plus rien dans ma classe, même pas une chaise pour s'asseoir, ou une table pour poser ses affaires. Rapport au fait aussi qu'il faut un diplôme d'escalade pour se déplacer dans les couloirs, vu que tous les meubles de toutes les classes y sont entreposés. 

Alors, à partir du 14 juillet, je me considère en vacances. Et je me dispense d'aller à l'école ou d'ouvrir mon cartable pour trier tous les papiers que j'y ai fourré, le soir de la sortie. En général, il me faut encore un peu plus d'une semaine pour décrocher. C'est à dire arrêter de me dire "tiens, j'aimerai bien faire ça avec Gilbert l'année prochaine" ou bien "Ouiiiiiiiiii fini l'année avec ce gamin qui me sortait par les yeux" ou encore "Noooooon je récupère ce gamin qui, je le sens, va me sortir par les yeux au bout de deux jours". 

 

Enfin j'arrive à me détendre. A moi le voyage sous les tropiques, gracieusement payé par l'Éducation Nationale, à moi le yacht de 30m, dans les archipels méditerranéens, à moi les mojitos avec mon chéri sous le soleil de Saint Barth. Bref, à moi la belle vie.

 

Et soudain, un jour, les autres personnes de mon entourage, ceux qui bossent, eux, même en été quand tout le monde se la coule douce, m'annoncent que la semaine prochaine, elles ont 3 jours de week end. C'est l'alarme qui rappelle à mon esprit qu'on approche du 15 août, et qu'il est temps d'arrêter de rêver. Il faut se remettre au boulot. 

Bien sur, la première réaction est le déni. "On doit plutôt être le 14 juillet, ce n'est sûrement pas le 15 août qui arrive 3 jours à peine après le début des vacances."   

Puis vient la colère. "Mais enfin, je n'ai eu le temps de rien faire, c'est scandaleux !"

La négociation. "Encore une ou deux grasses mat', et je m'y remets"

La tristesse. "C'est trop injuste, j'ai même pas eu le temps de visiter toutes les plages de Bora-Bora" 

La résignation. "Il fallait bien que ça arrive un jour"

L'acceptation. "Demain, je m'y remets"  "C'est quand les prochaines vacances ?"

 

Alors, après le 15 août, je reprends le chemin des cahiers. J'ouvre mon cartable, et je tombe sur tout ce que j'y ai mis avant de partir, quelques semaines plus tôt.

 

Alors comme vous pouvez le constater, je suis une feignasse de prof, comme les autres, j'ai 2 mois de vacances l'été. D'ailleurs, il suffit de compter. 14 juillet - 15 août.

 72229_1682153534551_5964449_n.jpgimage via le blog http://dangerecole.blogspot.fr

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:41

Au programme de l'école primaire, dans la catégorie "Activités Physiques et Sportives", il y a un chapitre "Natation" qui m'oblige depuis 1 mois, à accompagner Gilbert à la piscine tous les vendredis. Et croyez moi, c'est loin d'être une partie de plaisir.

 

Ça commence à l'école. 10 min avant l'heure habituelle de début de la classe, je compte et recompte mes ouailles. Nous devons être dans l'eau à l'heure où habituellement j'attends que Gilbert se souvienne qu'on ne peut pas être dimanche, vu qu'il n'y a jamais d'école le dimanche. Alors il faut partir AVANT l'heure. Le car nous attend déjà dehors. Il en manque un ? Tant pis pour lui, tant mieux pour moi. Vous comprendrez vite pourquoi.

Nous montons donc VITE dans le car, recomptons les présents, et les sacs. Non, Gilbert pas ton cartable à la piscine, par contre, le petit sac avec ta serviette, ton maillot et ton bonnet de bain serait le bienvenu. Je cours, échange cartable contre sac à dos au porte manteau, remonte dans le car, qui démarre. OK, on est partis.

Le car s'arrête devant la piscine, en double file, avec 10 voitures mécontentes derrière. Je presse donc Gilbert de sortir du car. Je compte les enfants, les sacs. Une maman accompagnatrice sort du car avec les 5 sacs restés sous les sièges. Motivé, Gilbert, pour aller se baigner ce matin.

Dans la piscine, vient l'épreuve du vestiaire. Ce qui doit déjà être bien compliqué en vestiaire collectif devient une compétition olympique quand la piscine est "désolée de n'avoir plus que des cabines individuelles". Mais pas assez pour tous les enfants, bien sur. Une cabine pour trois Gilbert. Le sens de l'organisation n'étant pas un don inné chez les gnomes, je prends les choses en main. Toi, toi et toi, ici, là. Toi et toi là bas. Au bout de 15 min, Gilbert est sorti 3 fois de sa cabine, pour me demander s'il devait aussi retirer ses chaussettes, pour me demander s'il pouvait remettre un pull par dessus son maillot parce que quand même il n'a pas très chaud, et pour me demander où j'ai mis son cartable, parce que le bonnet de bain est resté dedans.

Les gnomes sont prêts, maillotés, bonnetés, frissonnants à l'entrée des douches quand soudain. "Euuuh Gilbert, c'est quoi cet élastique qui dépasse de ton maillot ?" "Ben c'est mon slip maîtresse." Arg. Retour aux cabines avec une maman, passage sous la douche "pas plus de 5 secondes chacun", et les voici mouillés, grelottant et excités comme des puces devant le maître nageur qui les calme d'emblée.

Environ 2 têtes de plus que moi (soit 5 de plus que Gilbert), deux fois ma largeur d'épaule, la moustache et le poil aux pattes finissent un tableau qui impressionne drôlement Gilbert (je pioche des idées pour imposer mon autorité). Il annonce qu'on va faire des groupes de niveau. Fait sauter tous les gnomes dans l'eau, et compte combien remontent tous seuls à la surface (ou presque). J'envisage avec un petit sourire une classe diminuée de tous les éléments ne sachant pas nager, avant de constater avec stupeur que ceux qui restent au fond sont mes meilleurs éléments. Même pas drôle. 

A peine le temps de les faire sauter, longer le bord et mettre la tête sous l'eau qu'il est déjà temps de faire marche arrière pour laisser notre place à une nouvelle fournée de Gilbert tremblottants, tout juste sortis de la douche.

Je cède ma place, raccompagne les miens pour un rapide passage sous la douche, et retrouve avec plaisir les parents venus aider au vestiaire.

Gilbert met 3 min à retrouver sa cabine. Ou plutôt : 3 min pour retrouver la cabine où il a retiré son jean, 3 min pour celle où il a enlevé ses chaussettes (à contrecoeur, rappelez vous), 3 autres pour le t-shirt, etc. 15 min plus tard, tous les élèves sont prêts, rangés, chaussés. Tous, sauf 3. Il manque 2 pantalons. Il reste 7 maillots mouillés par terre. Et 3 slips aussi. Et celui-ci n'a plus de chaussures.

Avec les parents, nous entamons donc une inspection générale,retrouvons les 4 gnomes rhabillés mais sans slip sous le pantalon, ceux qui ont 2 pantalons sur eux, ceux qui ont oublié leur maillot et ceux qui se sont trompés de chaussures. Et nous partons en courant jusqu'au car, un peu énervé de nous avoir attendu 5 min. Il démarre donc avant que nous ayons attaché tous les enfants, heureusement que nous les avions comptés. 

 

À l'arrivée à l'école, nous retrouvons sur la cour Gilbert, qui, arrivé 10 min après le départ du car, a passé une petite matinée tranquille à faire un coloriage magique dans la classe de ma collègue. Ce que je peux l'envier à ce moment précis ... 

 

Nous sommes vendredi, il est 17h30, la maman de Gilbert (pas celle qui est venue nous accompagner, une qui "travaille, elle") vient me voir catastrophée. "Gilbert vient de me dire qu'il n'a pas eu le temps de prendre une douche en sortant ? Je lui avais pourtant donné son gel douche, son shampooing, et son gel "hygiène intime", je ne comprends pas".

Ah. Ben venez la prochaine fois, vous comprendrez je crois.  

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 20:22

Avec Gilbert, au début, ça se passait plutôt bien. Bien sûr, régulièrement, sa trousse finissait sur mon bureau parce que ça l'empêchait de se concentrer. Bien sûr, j'avais le sentiment de répéter beaucoup, souvent un peu plus que pour les autres. Bien sûr, parfois, il m'agaçait à écrire très gros, à se tenir comme une chiffe molle sur sa chaise,  semblant dénué de tout tonus musculaire. Mais globalement, les apprentissages suivaient plutôt bien. Alors je m'étais dit qu'il s'agissait certainement d'un petit manque de maturité.

 

Une première fois, j'ai demandé à rencontrer les parents de Gilbert. Ils sont venus, tous les deux.  Oui, bien sûr, Gilbert avait toujours une petite baisse de régime en novembre, il avait été malade un peu, une grosse bronchite, qui raccourcissait ses nuits et celles de ses parents. Mais à la maison, on ne voit visiblement pas le grand bébé que j'ai en face de moi. Il participe à la vie de la maison, met la table, joue à des jeux de société complexes, mange comme un grand avec papa et maman. Vraiment, c'est à peine si tous les problèmes que je pouvais voir en classe étaient incompréhensibles, ou tout au plus l'effet de l'école sur un enfant qui manque un peu de confiance en soi. 

 

Alors j'ai pris sur moi, j'ai réexpliqué pour Gilbert, vérifié qu'il ne paniquait pas devant les exercices, continué à être exigeante, mais tout en souplesse pour ne pas le brusquer.

C'est alors que tout a basculé. Enfin, basculer. Le terme est un peu fort. Mais petit à petit, Gilbert a eu besoin de plus en plus d'aide, tout en en faisant de moins en moins. 20 minutes n'étaient pas de trop quand on lui demandait d'ouvrir son cahier et d'écrire la date. Lever la main est devenu trop difficile, trop fatigant, alors quand Gilbert ne se souvenait plus de la consigne, il partait dans son monde. Un monde où les crayons sont des pistolets, les règles des vaisseaux spatiaux, les taille-crayons des chargeurs, ...

Forcément, avec 25 autres élèves, et deux niveaux à gérer, je ne voyais pas toujours Gilbert partir dans son monde. Parfois, après 5 minutes, en tournant la tête, je me rendais compte qu'il n'avait pas commencé, alors, je le rappelais à l'ordre: "Gilbert, concentre toi ! Gilbert, tu te mets au travail ?" Chaque fois, le son de ma voix semblait le tirer d'un doux rêve éveillé. 

 

Un jour, Gilbert a cessé de travailler, malgré les remarques alarmistes sur les cahiers à signer, pas de nouvelles de ses parents que je ne voyais jamais. Alors j'ai à nouveau demandé à les voir.

Et j'ai vu. 

Gilbert est entré dans la classe avec son papa et sa maman. Ils se sont assis. Pas Gilbert. Papa a demandé à Gilbert de s'asseoir. J'ai attendu. Il a dû le demander 15 fois, sur le même ton de voix, sans se départir de son sourire bienveillant ou des petits surnoms affectueux. Et chaque fois, Gilbert disait "Oui", et la seconde d'après était reparti ailleurs. Et puis enfin, miracle, Gilbert s'est assis. La maman a alors demandé à Gilbert de retirer son manteau. Plus d'une dizaine de fois avant d'abandonner face à la "distraction" de son fils. 

Nous avons alors pu commencer l'entretien. Sans Gilbert, toujours dans son monde. La langue au bord des lèvres, bavant légèrement, les yeux jamais fixés quelque part, avec toujours ce sentiment d'avoir devant moi une poupée de chiffon qui ne reprend conscience que quelques secondes quand on prononce son prénom. 

Mais tout va bien. Les parents de Gilbert en sont tellement persuadés qu'ils n'entendent pas quand je leur dis que Gilbert n'apprend plus.

 

Alors ils repartent, comme ils sont venus, avec en prime un contrat de comportement pour Gilbert, avec pour objectif de travailler sur sa concentration. J'ai l'impression d'avoir parlé dans le vide. Qu'ils n'ont pas compris ma préoccupation pour leur enfant.  Il faudra encore plus de 5 min pour que Gilbert enfile le manteau qu'il avait finalement retiré, et 5 de plus pour qu'il le ferme. 

Et s'il y avait quelque chose d'autre, que je ne peux pas voir ?

Je me sens tellement impuissante ...

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 09:41

Accueillir un Gilbert en situation de handicap dans ma classe, c'est génial.

Parce que ça relativise les problèmes des autres, parce que ça créé un climat d'entraide, parce que c'est riche, pour lui, pour eux, pour moi.

 

Mais quand même, parfois, c'est vraiment dur.

Quand Gilbert court partout, et hurle, et s'énerve, pendant que les autres essayent tant bien que mal de se concentrer sur leur travail.

Quand Gilbert refuse de travailler, quand il crie "Non, non NON NON !" en boucle, et qu'on sait qu'on ne pourra rien en tirer.

Quand Gilbert dit des mots qui font mal, que Non, il n'a pas besoin d'aide, qu'il ne veut pas de nous, qu'il voudrait qu'on soit morts.

Quand on fait le bilan de ces 3 mois depuis son arrivée à l'école, et qu'on se rend compte que Gilbert n'apprend pas. Qu'il ne sait toujours pas compter au delà de 2 sans se tromper, qu'il risque de lui falloir des années pour apprendre à lire.

Quand on prépare une réunion pour faire le point avec la maman et les professionnels de santé, et qu'on va devoir dire des choses difficiles à dire.

Et quand 8 jours avant cette réunion, on entend la maman dire à Gilbert "Il ne faut pas que tu prennes du retard par rapport aux autres CP".

 

J'aimerai pouvoir dire à sa maman que Gilbert a juste besoin d'un peu de temps, que le déclic n'est pas loin. Mais ça serait mentir.

J'aimerai pouvoir dire à sa maman que l'intégration de Gilbert se passe très bien dans la classe. Qu'il ne frappe pas les autres enfants, qu'il n'est jamais violent envers les adultes. Mais ça serait mentir.

J'aimerai pouvoir dire que la présence de Gilbert n'a pas de conséquences sur les apprentissages des autres élèves. Mais ça aussi, ça serait mentir.

 

La réunion a lieu cette semaine. Ça va être vraiment difficile.

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 18:36

Gilbert a un papa et une maman. 

 

Mais sa maman n'a plus le droit de voir Gilbert. On appelle ça le retrait des droits parentaux. En gros, la maman de Gilbert est un danger pour son fils, et du coup il ne la voit plus. C'est comme ça. Gilbert à l'habitude, ça fait déjà 2 ans qu'il n'a pas vu sa maman.

 

Du coup, heureusement, il lui reste son papa, qui a repris les choses en main quand Gilbert est revenu vivre chez lui à temps plein. Enfin, son papa ... Ses papas ... Gilbert appelle papa deux hommes différents. Aux dernières nouvelles, l'un d'entre eux serait en fait son oncle. Mais bon, tous les deux, ils ont serré la vis. Faut bien qu'il comprenne, le petit, que dans cette maison là, on fait pas ce qu'on veut.  

 

Quitte à ce que Gilbert raconte à l'école que "Papa, la nuit, il me réveille pour me donner des coups dans le dos." 

 

Quitte à ce que Gilbert fasse d'étonnants progrès chaque fois que la maîtresse met un mot dans le carnet pour dire "j'aimerai vous rencontrer pour parler de Gilbert".

 

Du coup, Gilbert, il fait ce qu'il peut. Mais il nous arrive de comprendre que l'apprentissage de la lecture ne soit pas la première des priorités pour lui, certains jours.

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 17:57

La plupart de mes élèves tendent l'oreille à peine ces quatre mots prononcés, avides de savoir quelle nouvelle histoire je vais raconter. 

La plupart, mais pas Gilbert. Lui, il n'aime pas les livres, et puis de toute façon, "on en a pas à la maison" donc "apprendre à lire ça sert à rien qu'à avoir plus de travail" ... Forcément, dans ces conditions, difficile de trouver la motivation pour les mots, et les sons.

L'autre difficulté avec Gilbert, c'est qu'il ne fait pas la différence entre un loup et un mouton, entre un cochon et un canard, ou entre un éléphant et une girafe. Les histoires le barbent peut être parce qu'il ne les comprend pas.

Gilbert ne voit pas ce qui cloche quand il parle des "trois chaperons rouges" parce qu'il ne connait ni "les trois petits cochons" ni "le petit chaperon rouge. 

Et moi, je me sens démunie, face à cet enfant dont le vocabulaire est réduit à son strict minimum. Je sais l'aider à reconnaître des mots, mais il faudrait que je sois toujours avec lui à repréciser le sens de chaque mot. 

 

J'ai voulu prendre rendez-vous avec la famille de Gilbert, pour comprendre, pour voir si ces gens parlent français, s'ils lui parlent français, s'ils peuvent l'aider. Mais j'en suis à mon troisième rendez-vous manqué. Pourtant ils savent lire, ils me répondent même par écrit quand j'envoie une demande. 

J'ai comme l'impression de ramer à contre courant.

 

Il était une fois ... une maîtresse qui se sent bien impuissante ...

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 16:57

Et voilà, la rentrée de Gilbert est passée, et par la même occasion, la mienne.

Oublions un instant les pieds gonflés et la tête farcie pour savourer les meilleurs instants de cette journée si particulière.

 

Quand la maman de Gilbert me transmet la trousse de secours de son gamin allergique en précisant "j'espère que j'ai pas oublié la piqûre d'adrénaline ... Oh bah si, elle est restée à la maison, bon ben j'espère que vous n'en aurez pas besoin" J'espère oui.

 

Quand Gilbert, 6 ans me caresse la cuisse comme il caresserait son chat "T'es gentille maîtresse". Euh t'es gentil aussi mais on va se calmer là.

 

Quand je réalise que les parents de Gilbert ne connaissent vraissemblablement pas leurs couleurs. La pochette bleue ? Noire. La verte ? Jaune. Ah et Gilbert n'a que des stylos rouges dans sa trousse.

 

Quand je raccompagne le papa de Gilbert, en larmes, à la porte de la classe "Tout va bien se passer monsieur, à ce midi !".

Quand Gilbert veut "aller consoler papa".

 

Quand, pendant la visite des classes, Gilbert a trouvé un frère ou une soeur dans presque toutes les classes. Ah ben 7 enfants sur 12 classes, forcément ...

 

 

Quand Gilbert, 5 ans, lance un kapla sur sa mère en lui criant "Dégage c'est ma classe !"

Et quand la maman s'exécute en ajoutant simplement "Oui, et bonne journée mon chaton d'amour !".

 

Me voici rassurée, ce blog n'est pas prêt de s'arrêter par manque d'animation dans ma classe !

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:46

Une fois les 4 compotes avalées, Gilbert est nettement moins attiré par son sandwich au jambon. Surtout que le fermier lui a dit que le jambon, c'est la fesse du cochon. Il dépouille sobrement son sandwich de toute trace de jambon, et se fait un "pain-beurre-cornichon" à contre coeur, parce que "non non Gilbert, ton picnic n'est pas fini si tu n'as pas mangé le sandwich".

En 10 mininutes, la "pause déjeuner" est expédiée pour certains, alors que d'autres n'ont pas fini d'ouvrir leur sac à dos. Une chose est sûre, ce midi, je mangerai debout.

 

Plutôt fière d'avoir pensé à un "temps calme" en début d'après midi, je dégaine quelques albums, installe les enfants qui ont fini de manger dans un coin, et retourne essayer d'ouvrir le sac de Gilbert, qui n'a toujours pas réussi à défaire le nœud que wondermaman a fait "pour que ton picnic ne se déverse pas dans ton sac". A ce point là, on se demande même s'il va pouvoir se déverser dans l'estomac de Gilbert. Le gentil fermier nous vient en aide avec un couteau pointu. Gilbert est bluffé. Et bientôt rassasié. 

13h30: Gilbert est prêt. Picnic englouti, mains lavées, vessie vidée. On s'apprête à enchainer sur une après midi "soins aux animaux". J'ai mangé un demi sandwich entre deux ouvertures de pompotes, déballages de sandwichs et autre épluchage de mandarine. TROP FUTÉ la mandarine que Gilbert ne sait pas éplucher. Merci wondermaman, je te retiens.

 

Le fermier revient, et tente de reprendre le groupe en main tout seul. S'escrime pendant 5 minutes à parler aux deux gamins qui sont assis devant lui. Quand je reviens de 5 min de pause, la classe se tait et écoute enfin notre pédagogue du jour. (Matez un peu l'autorité que j'ai sur mon groupe !)

Après midi soin aux animaux donc. A partir du moment où on considère Gilbert comme un animal, on y est presque. 

Gilbert donne à manger du grain aux poulets à son voisin. 

Gilbert se fait courser par un jars qui n'a pas trop apprécié qu'on lui dise bonjour.

Gilbert essaye de faire manger sa laine au mouton.

Gilbert remplit l'abreuvoir des lapins. En renversant la moitié de l'eau DANS ses bottes. 

Gilbert donne du pain aux ânes. Et au chien. Et en mange l'autre moitié.

 

Et puis Gilbert commence à fatiguer. A courir dans tous les sens. A pleurer pour un rien.

 

OK, il est temps de rentrer. Ça tombe bien, le chauffeur de car nous attend. Je le retiens de chanter mes louanges quand il m'entend dire à Gilbert "on va changer de chaussures avant de monter dans le car.". 

 

Gilbert n'est pas dans le car depuis 1 min qu'il dort. Son voisin lui, vient de sortir sa bouteille d'eau, et d'en renverser la moitié dessus (et sur les sièges du car).

 

Voilà, il nous reste à descendre du car, en tenant fermement par la main le Gilbert titubant de fatigue, avant de le rendre à ses parents avec un grand sourire :

 

"Oui, la journée s'est merveilleusement bien passée."

 

Une obsession reste pour la maîtresse : dormir.

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 17:20

Le fermier arrive. Pas un bonjour. Gilbert s'en fout, il veut voir les cochons. Oui mais le fermier à deux trois trucs à lui dire avant.

Pas le droit de courir. Pas le droit de sauter partout. Pas le droit de crier. Pas le droit de shooter dans les poulets. Pas le droit de courir après les lapins. Pas le droit de sauter dans la mare. Pas le droit de se jeter sur la cloture électrique. Ah oui, et puis dans la cour spéciale pour les enfants mais qui n'a pas de séparation avec le hangar des machines qui peuvent découper un Gilbert en deux, ya un toboggan. Mais il est cassé. Alors pas le droit de monter dessus. OK cool. Mais on va voir les cochons ?

A peine le fermier a-t-il terminé que Gilbert part en courant, sautant, hurlant découvrir la ferme. Ce grand parc d'attraction avec plein de choses à découvrir qui changent de la ville, les immeubles, le métro. Déjà, les parents accompagnateurs regrettent leur journée de congé tranquilles à la maison. 

Au programme, un petit jeu de piste trèèèèès adapté. Extraits.

"Alors Gilbert, quel est le régime alimentaire du cochon ?

- Ça veut dire quoi ?

- Qu'est ce qu'il mange ?

- Du caca ! (fou rire général)"

 

C'est pas gagné. 

 

"Alors, là Gilbert, tu me tiens bien la main, on va à la mare !

- Mais non c'est un lac.

- Quels animaux vivent dans la mare Gilbert ?

- Dans le lac ya des canards !

- Oui, la mare aux canards ! Et quoi encore ?

- Le lac des grenouilles !

- Ouiiii ! Bravo Gilbert ! Et puis ?

- Des requins !!!"

 

Presque.

 

Presque l'heure du picnic aussi. Ouf. Gilbert a la dalle.

 

A suivre (bientôt, c'est promis)

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 21:23

Cette semaine, j'ai emmené Gilbert en sortie scolaire. THE sortie scolaire, celle que tout le monde attend toute l'année. Celle dont on se souviendra encore dans des générations. 

Et pour cause.

Gilbert va visiter un zoo. Enfin c'est ce qu'on voulait au départ mais ça coutait trop cher pour l'école. Mais quand même ya des animaux. 

On part à la ferme.

 

Lundi, 8h après un week end à bassiner ses parents avec le picnic. Gilbert arrive, botté, casquetté. Et chargé comme un baudet. Comme ils ne voulaient plus entendre parler de picnic, les parents de Gilbert ont blindé son sac. 1 litre d'eau,  quatre compotes, trois briquettes de jus de fruit, deux sandwichs format demi baguette, une banane. Ça va Gilbert va pouvoir nourrir toute la classe. Par contre, pour porter son sac tout seul, ça va être un peu plus compliqué.

Heureusement que des parents masochistes motivés nous accompagnent. 

Parce que la maîtresse, elle aussi a prévu le strict minimum. Un change au cas où Gilbert tombe dans la bou(s)e, du sopalin au cas où ..., la trousse de secours de Gilbert au cas où il nous pète un choc anaphylactique au milieu de la ferme, celle de sa copine, au cas où elle nous fasse une crise d'asthme, des bouquins pour calmer Gilbert en début d'après-midi, des mouchoirs, des lingettes, des bottes de rechange ...

 

Parés ? Alors c'est parti. La maman de X tente de mettre son sac à Gilbert, qui bascule en arrière et tombe sur les fesses. Premières larmes de la journée. La maman prend le sac sur son dos, Gilbert peut se relever. On badge les enfants, et on monte dans le car. 45 min de trajet plus tard. Gilbert est remonté comme une pendule et saute partout. Son voisin pleure parce qu'on est descendus du car. Sa voisine hurle parce qu'elle vient de voir un chien. 

Les oreilles des parents accompagnateurs commencent à saturer. OK cool, il n'est même pas 10h. 

 

... A suivre ... 

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Qui Est Gilbert ?