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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 08:26

Il y a des matins où quand tu te lèves, tu sais que la journée va être sympa/animée/sportive/horrible (barrez les mentions inutiles). Parfois, c'est toi, Maître/Maîtresse qui est en cause. J'avoue avoir du mal à être souple avec mes gnomes quand je passe la matinée à me demander par quel coté va ressortir mon petit dej'. Parfois ce sont les gnomes. Et parfois, tu crois que ta journée va être pourrie, et finalement, ya plein de petits trucs sympas qui font que le soir, malgré les cernes et la morve collée sur ton pantalon, tu te dis ouahou, j'ai passé une bonne journée.

 

1) Quand la maman de Sophie a décidé que ça serait Monsieur qui amènerait les gnomes à l'école. Sophie arrive à l'heure du coup. Et ne finit pas son petit dej dans le couloir. Et du coup, tu n'es pas obligée d'interrompre trois fois ton temps d'accueil du matin parce que "Bonjour madame, excusez nous pour le retard" "Ah pardon, Sophie a besoin d'aller faire pipi." "Ah et j'ai oublié de vous demander, la réunion de parents, c'est quand ?" La semaine dernière madame.

 

2) Quand Bérangère a décidé de se passer du rituel "colère en arrivant à l'école". Ça épargne tes oreilles, légèrement sensibles au bruit une heure ou deux après le réveil. Et ça évite que les gnomes qui arrivent ne soient agressés auditivement par le coffre de Bérangère. Et petit plus non négligeable, ça te permet de parler autrement que fort avec les parents des gnomes qui arrivent après Bérangère. Bon, ça t'épargne aussi les parents qui laissent leur gnome en te disant "Bon courage hein" d'un air entendu, genre "j'aimerai pas être à votre place mais j'admire votre patience". Une journée qui commence dans le calme, ça n'a pas de prix.

 

3) Quand la mode dans la classe est plus au dessin qu'au petit train. Quel plaisir de voir des petits gnomes assis à une table, éventuellement en train d'échanger sur leurs activités diverses et variées, mais relativement calmement. Plutôt que toutes les trois minutes, devoir rappeler que non, jouer au petit train en se tenant par les vêtements, en vociférant des "tchou tchou", et en tournant autour des tables de la classe, même à seulement quatre ou cinq n'est pas une activité autorisée dans la classe, et que si, par pitié, ils pouvaient attendre l'heure de la récréation pour prouver à leurs copains qu'ils imitent à merveille le bruit du train, mes oreilles et mon sang froid leur en seraient reconnaissants.

 

4) Quand le langage encore approximatif de certains petits gnomes produit des expressions poilantes. "Maîtresse, on dirait une cocotte-nunutte !" "Je crois que mon casier est tout débordé" "Maîtresse tu peux m'attacher ? Oui bien sur, t'attacher où ? Mais noooon m'attacher mon collier !"

 

5) Quand le projet en cours passionne tellement les petits gnomes qu'ils en parlent à leurs parents, qui leur proposent d'apporter des objets en rapport, ... C'est tellement génial quand on va dans le même sens, tous. Ça fait tellement plaisir d'entendre un gnome sortir de la classe et dire à sa maman "Maman à l'école on a construit une esssssposition ! Mais faut pas toucher hein ! "

 

6) Quand Gilbert, ou Gilberte, n'a pas compris, mais s'accroche, demande des explications, de l'aide. Quand il passe une partie du temps où il aurait pu jouer à s'entrainer, parce que "Maîtresse, moi aussi je vais y arriver !". Et quand il y arrive. Presque tout seul. Et qu'il est tellement fier d'annoncer à ses copains, sa maman, sa nounou, qu'il l'a fait ! J'ai réussi maman, tu sais c'était pas si difficile !

 

 

Finalement une bonne journée, c'est juste des petits instants qu'il faut apprendre à reconnaître, histoire de pas se laisser dépasser par la fatigue, histoire de pouvoir se dire qu'on fait un métier génial, histoire de profiter d'une soirée cool, sans penser au boulot, ou en y pensant de manière positive. Quand au delà de la colère de Bérangère, ou du chagrin de Martin, on a su voir les moments où ils ont été bien. Heureux d'être là, et de partager des choses ensemble. Peut être un peu grâce à nous. 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 16:26

Autant vous le dire tout de suite, le mois de septembre a été chaud. Pas tant par les températures estivales (la météo qui nous nargue : hahaha vous n'êtes plus en vacances ? Et ben voilà le soleil réclamé en août.), que par la première phase de débourrage prise de contact avec mes nouveaux poulains élèves.

 

 

Point de Simon cette année, ni d'Hector ne parlant pas un mot de français. Non, non, ça, je maîtrise trop, ce n'est plus drôle !

 

Cette année, j'ai beaucoup moins de "petits nouveaux", d'élèves n'ayant jamais mis les pieds à l'école. Mais les quelques uns qui pourraient être timides sont en fait plutôt surprenants. 

 

Le petit Charles, tout juste 3 ans donc, qui arrive dans une classe où tout le monde ou presque se connait pour avoir passé un an ou six mois ensemble, qui le premier jour, se lève devant tout le groupe, et annonce "Et bien moi j'ai envie de chanter une chanson". Et pof, une souris verte qui courrait dans l'herbe ... Pas impressionné pour deux sous par les 28 inconnus qui le regardent éhahis.

 

 

Laure, 2 ans et demi, fan de Brassens, qui fredonne "bancs publics, bancs publics" en attendant son tour à la cantine.

 

 

Et Paul, même âge, les cheveux longs qui lui tombent sur les yeux, et qui demande à tous ses copains s'ils connaissent "Aaaaawéééétouheeeeell" ? Non ? Mais si tu connais, c'est ACDC  !!!

 

 

Et Léa, qui fait également sa première rentrée, plutôt armoire à glace du haut de ses 3 ans, qu'il nous a fallu calmer à deux tellement elle se débattait. Nous avons pu apprécier dès les premières minutes son vocabulaire particulièrement ... "fleuri".

 

 

Mais parfois, même si pour ces petits bouts, ce n'est pas la première rentrée, c'est tout de même un peu difficile de quitter Papa, Maman, les 3 ou 4 frères et soeurs, le papi, la mamie, et la tata tous venus fêter la rentrée du petit dernier.

 

 

Allez les enfants, on chante une petite chanson ?

"C'est la rentrée des classes

Toute l'école est en fête !

C'est la rentrée des classes

Pour tous les enfants c'est la fête !"

(extrait de la méthode Coué)

 

 

Les parents de Goulwenn, eux, n'ont pas changé ! Suite à une chute dans la cour (qui a provoqué, Oh Mon Gieu, une belle bosse) au bout d'à peine deux semaines, ils menacent de porter plainte contre un autre enfant (de 4 ans) pour maltraitance envers leur petit chéri. Le pauvre petit Gilbert, qui certes, n'est pas super copain avec Goulwenn, finira-t-il sa maternelle sous les barreaux ? Le petit Goulwenn finira-t-il dans une combinaison de mousse pour éviter le moindre choc ?

 

 

Feuilleton qui s'annonce animé. A suivre donc !

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:16

Deux jours après le week end mémorable de la fête de l'école, j'ai emmené mes gnomes en sortie scolaire. 

Au programme, visite d'un centre équestre, et bien sur, petit tour de poney. Sur la matinée, parce qu'on est pas suicidaire quand même.

 

Bon, bien sûr, c'est la semaine de la sortie, bien sûr, on a tous les cahiers à boucler, bien sûr, on a anticipé, mais on est quand même grave à la bourre.

 

Déjà, la veille à midi, j'appelle le centre équestre et la compagnie de car. On vous attend demain, vous vous souvenez de nous ? La nana de la compagnie de car m'annonce à peine gênée :

"Ah oui, je voulais vous appeler, on va partir à 8h35 au lieu de 45, on a besoin des chauffeurs pour le transport scolaire des collégiens." 

"Ah ... Euh, et vous comptiez prévenir à 18h ce soir ? Parce que genre là, ça fait déjà un tout petit peu court comme délai non ?"

 

Je rappelle les parents des gnomes ne revenant pas l'après midi. Départ 8h30 de la classe. Les retardataires se démerdent.

Je photocopie un mot, où je prends le temps de fluoter les horaires, à donner en main propre aux parents à 17h. 

 

Ça commence fort.

 

8h10, le lendemain, j'arrive dans la classe. Je prépare une tenue de rechange pour les gnomes, un paquet de lingettes, des mouchoirs, de l'eau, mes groupes, OK, on y est.

 

8h30 : Tout le monde est là. Même Louis qui arrive toujours en retard. Bizarrement, il n'a pas l'air d'avoir eu du mal à se réveiller ce matin. On se range, et on y va. Le car nous attend au bout du chemin, il faut donc remonter 5 min à pied. Les gnomes sont ... en forme. En grande forme même. Nolan en tête de file, ils marchent comme ils n'ont jamais marché. Motivés. Alors que bon, la montée, pour leurs petites pattes de minignomes, elle doit pas être super facile.

 

8h32 : Marie entonne un petit refrain sympa sur le chemin du car : "Ho Hisse, la saucisse ! Ho Hisse, la saucisse !" Je constate avec joie que le travail sur les rimes n'a pas été vain. Je note avec un peu plus de réserve que Marie a de l'influence sur ses camarades. Il ne faut pas 10 secondes pour que la majorité de la classe reprenne ce charmant refrain. Coooool !!

 

8h35 : On est dans le car. On a perdu personne encore. Les gamins sont aux anges, ils sont à l'intérieur d'un gros engin à roues, que du bonheur ! Le car démarre.

 

8h37 : Marie a repris son refrain. Le chauffeur doit être ravi. Je calme un peu le jeu, sinon, mes parents-accompagnateurs ne vont pas faire la matinée.

 

8h45 : Le chauffeur de car s'arrête sur le bas-coté et se retourne :

"Dites, vous savez où vous allez ?"

"Hmm, pardon ?"

"Vous savez où qu'c'est là où vous allez ? Parce que j'sais pas trop bien où on va."

OK donc, je n'ai donc pas rêvé. Le chauffeur me demande le chemin. On est pas rendus. Mon aide-maternelle vole à ma rescousse en expliquant l'itinéraire au chauffeur de car, sous les regards ébahis des parents présents.

 

8h55 : On arrive au centre équestre. Je demande au chauffeur de me confirmer l'heure de redépart. Il n'en sait rien, c'est pas lui qui fait le retour. Démerdez vous ma bonne dame, moi j'vous ai déjà emmené. 

 

9h00 : On se sépare en petits groupes. Comme d'habitude, j'ai les plus choupi dans mon équipe. 

 

 

La matinée se passe sans encombre, tous les gamins montent sur le poney, certains avec plus de craintes que d'autre, mais globalement, ils sont sympas.

 

 

11h30 : On est prêts à repartir, on attend plus que le car. Je me méfie un peu, vu le chauffeur à l'aller.

 

11h32 : Ok, le car est en retard. Ils font chier, les gnomes s'énervent, et moi je n'ai qu'une envie, c'est d'avoir une pause de midi non raccourcie, pour récupérer de cette matinée.

 

11h34 : J'appelle la compagnie de guignols de cars : "Ah oui, vous êtes le groupe qu'on doit prendre au Centre de loisirs."

"Euh non, au centre équestre madame."

"Ah bah non, sur ma feuille ya mis centre de loisirs, vous devez vous rendre au centre de loisirs.

"Ecoutez-moi bien, j'ai 30 gamins de 4 ans qui attendent leur chauffeur au centre équestre et je ne ferai pas 5km avec eux parce que vous n'êtes pas fichus capables de prendre les informations correctement pour un pauvre trajet de 10 minutes. Et si le chauffeur n'est pas là dans 5 minutes, je signale à tous les collègues qu'il est hors de question qu'on refasse appel à votre compagnie pour nos prochaines sorties, alors je vous conseille vivement de vous bouger les fesses et de venir nous chercher !"

"Ahem, oui, excusez nous madame, je vais prévenir le chauffeur de regagner le centre équestre au plus vite."

 

12h05 : On arrive à l'école. Les petits vont être obligés de manger au deuxième service de la cantine à cause de ce putain de car. Je suis légèrement énervée.

 

...

 

16h30 : Bilan de la journée en classe.

"Alors les enfants, vous êtes contents de votre journée ?"

"Ouiiiiiiiiiiiiii"

"Avant de partir, on va fermer les yeux et dans votre tête, vous allez penser au moment de la journée que vous avez préféré, on s'en fiche que ce soit différent que celui du copain ou de la copine, celui que VOUS, vous avez préféré."

 

Grosse concentration.

 

Bilan des réponses : 

17 enfants ont préféré : "quand on était dans le bus"

5 enfants ont préféré : "quand le chevaux il a fait caca par terre"

 

Je fais quoi ? J'organise une visite touristique en bus, sans en descendre, pour l'année prochaine ?

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:45

Bizarrement, je n'ai pas eu le temps de passer vous raconter ce dimanche épique de fête de l'école,heureusement, comme je ne suis qu'une feignasse, j'ai désormais deux mois de vacances pour le faire !

 

 

11h30 : Défilé de l'école. Tout le monde est costumé, la maman de Sarah a choisi du rose fushia plutôt que du rose pâle, c'est vrai que la petite aurait du mal à se faire remarquer autrement, elle est tellement discrète...

Par contre, les lunettes de Sarah n'étant pas assorties avec son costume, bah la maman a préféré ne pas les mettre. Sarah vit donc ce défilé dans une bulle floue qui semble encore plus opaque que son univers habituel.

Le cortège s'ébranle, deux parents armés d'appareils photos, + deux grands parents armés de mouchoirs, + la tata armée d'un caniche accompagnent chaque enfant. Si bien qu'on ne sait plus très bien si ce sont les enfants qui défilent ou leur famille, nombreuse. Les enfants se donnent la main, et tentent quand même d'avancer, malgré les sollicitations incessantes des photographes. Sarah, elle, n'avance que quand je la tire par le bras. Ses parents l'interpellent tous les deux mètres. Et comme Sarah n'y voit rien, elle s'arrête chaque fois qu'elle entend son prénom, pour chercher où sont ses photographes.

Ça c'est sur, on est pas rendus au bout du défilé à ce rythme là.

 

14h : Spectacle des maternelles.

Il a plu à midi et les galettes saucisses sont crues. Heureusement, les nuages nous laissent un peu de répit pour lancer le clou de la journée : Le spectacle.

La personne au micro appelle mon groupe et je réceptionne les gnomes habillés, pomponnés mais un peu trempés. On a épongé la scène, normalement, ils ne devraient pas glisser. Normalement.

Ça fait 5 min que tous les élèves sont installés sur la scène, la musique est prête à partir.

La personne au micro rappelle pour la 10ème fois Julie. Qui n'arrive pas. On s'impatiente, tant pis, on fera sans elle. 

Les pompoms girls s'agitent, ça y est, ça démarre.

Nicolas est déguisé en supporter de foot. Aux répétitions, pas de soucis, il suit le mouvement : écharpe en l'air, puis on fait la ola ... Et là où tous les petits sont impressionnés et très concentrés, Nicolas se sent galvanisé par tous ces gens venus le regarder, et d'un seul coup d'un seul, se met à hurler : "ALLEZ ALLEZ ALLEZ ALLEZ"

Le petit Gwendal, juste a coté est tout perturbé. Non mais qu'est ce qu'il fabrique Nicolas, la maitresse a dit de pas crier, de faire semblant. Il le regarde avec des yeux ronds, consterné, et n'ose plus bouger de toute la danse.

Gilbert entre en scène avec ses copains footballeurs. Miracle, cette fois, il ne coupe pas et marche bien droit jusqu'au milieu de la scène, devant, comme on avait dit. Ou presque, parce qu'après, il fallait aller sur le coté. Mais sa maman, à Gilbert, elle était pas sur le coté !

Promis, l'année prochaine, j'apprends la choré aux parents de mes élèves. Alors, là, wondermaman, c'est le moment où tu dois te déplacer pour emmener ton gnome à tel endroit.

Voilà, la musique s'arrête, les enfants saluent, les appareils crépitent. Merci merci, les gnomes, vous avez été super.

 

On descend de scène. Et on croise Julie. Qui se roule par terre sous le regard attéré de sa maman. "JE VEUX PAS FAIRE LA DAAAAAAANSE !!!!"

Arrête de brailler Julie, la danse est terminée ! 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 10:36

Dans une semaine, c'est la fête de l'école. Ma première en tant qu'instit. La première aussi pour une bonne moitié de mes élèves.

Et pour certains ... Bah finalement c'est comme dans la classe, quand il s'agit de faire autre chose que ce qu'on a décidé, c'est particulièrement compliqué.

 

 

Quand tout les enfants font un joli mouvement vers l'avant de la scène puis se séparent en deux pour se mettre en ligne, Gilbert ne comprends absolument pas pourquoi on ne prend pas la diagonale, nettement plus rapide pour arriver là où il doit être.

"Je suis fort, je vais vite moi maitresse !" T'es peut être fort Gilbert, mais pas des masses obéissant.

 

 

Quand tous les enfants font un mouvement de bras en suivant un grand qui leur montre, Carla commence à faire le premier mouvement quand le grand passe au deuxième.

Et Carla a du mal à comprendre qu'on ne puisse pas danser le pouce dans la bouche ... Au grand désespoir de son voisin dans la farandole.

"Mais maitresse, Carla elle a encore les mains toutes mouillées" Courage Gwendal, je suis de tout coeur avec toi !

 

 

Marie a transformé mes pas de danse en marche militaire. Et ça a tellement plu à ses voisins et aux voisins de ses voisins, que l'avancée sur la scène qui devait être aérienne et légère semble inspirée des petits chanteurs à la croix de fer.

 

 

Cristallins et légers ... C'est ça !

 

 

Quand dans un MA GNI FIQUE mouvement d'ensemble, les enfants se passent un objet du centre de la ligne jusqu'aux deux extrémités, Gilbert le lance à son voisin, qui pleure, qui tape Gilbert, et l'objet en question est tombé de la scène depuis longtemps. Dans le même temps, de l'autre coté, Carla tient l'objet d'une seule main (le pouce de l'autre occupant sa bouche), et selon les répétitions, soit le fait tomber, soit oublie de le passer à son voisin.

 

En fait, le seul moment où Carla retire le pouce de sa bouche, c'est pour faire coucou aux "parents". Biscotte, la mascotte, nous regarde consterné. Je suis pas loin de partager son sentiment. 

 

Fais pas la gueule, Biscotte, dans 3 semaines, plus de Gnomes !

 

Mais je garde espoir, il nous reste une semaine de répétitions.

 

 

Les collègues me rassurent en me disant qu'au moins ça fera rire les parents. 

Je voulais une danse, finalement, les parents vont y voir un sketch. 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 16:25

La semaine dernière Sarah n'était pas là.

Pas un mot de ses parents, pas un coup de téléphone, pas un message transmis par les aînés. Rien.

 

En maternelle, l'école n'est pas obligatoire, donc je ne dis rien, et j'avoue, je savoure un peu ce répit. Et j'ai bien fait.

 

Parce qu'aujourd'hui, elle était de retour. Déjà, un peu perturbée, pleurs à l'arrivée, ce qui n'est pas le genre de la demoiselle. Ca commence bien, j'ai du la tenir pour la garder dans la classe, le temps que le papa s'éloigne. Je n'aime pas faire ça. Et le papa n'a pas répondu à ma question visant à savoir si Sarah était bien remise. Si ça se trouve, elle s'est juste payée une petite semaine de vacances.

 

La matinée commence, finalement Sarah est super contente de retrouver ses copines, elle bavarde, s'agite, bref, rien que du classique. Mais après une semaine d'absence, j'avoue, j'ai du mal à reprendre le rythme, je sais qu'il ne faut pas laisser faire Sarah, qu'elle a besoin qu'on la cadre tout de suite.

 

A la récréation, les ennuis commencent. Goulwenn vient me voir, couvert d'herbe sèche, de poussière, de brindilles, de terre. Euh OK, que s'est-il passé ? Sarah m'a fait une douche (ouiiiiiiin) ! 

 

... 

 

Je suis énervée, vraiment, parce que j'ai l'impression que rien ne bouge, parce que c'est lundi matin, que je suis fatiguée, que ça me fait chier d'aller gueuler si vite. Mais bon, pas le choix. Je prend Sarah par le bras, l'isole dans la classe, et 10 min plus tard, je lui demande si elle a compris pourquoi elle a été punie. Je me force à garder mon calme, je n'ai pas agit de suite parce que je savais que j'aurai été "violente". Mais Sarah me regarde avec un petit sourire, oui oui, elle a compris, on lance pas des herbes sur Goulwenn. J'insiste, je lui redis que j'attends d'elle une autre attitude, je joue la carte des 4 ans (oui oui Sarah a 4 ans depuis 3 mois, mais question maturité ...). Elle promet, mais je sens qu'elle n'en fera rien.

 

30 min plus tard, en ateliers, Sarah est dans mon groupe. Chacun à leur tour, les enfants assis autour de moi prennent la parole. Alors que je regarde à droite, je reçois un petit coup de pied dans la jambe. Je tourne la tête : la voisine de Sarah balance les pieds, bon, ok, peut être le hasard. Je surveille d'un oeil tout en écoutant Nicolas nous expliquer l'ordre des moments de la journée. 

Bom, deuxième coup de pied, plus fort, cette fois je l'ai vue, c'est Sarah, et elle me regarde, fière, avec un grand sourire. 

J'ai perdu mon sang froid, grondé direct, puni direct, Sarah pleure, isolée dans un coin de la classe, j'ai peur de lui avoir fait mal au bras en l'y emmenant. Je crois que je suis allée trop loin. 

 

Mais Sarah me regarde ... et se pisse dessus ... 

 

Elle a gagné. 

 

6 semaines à tenir ... Je n'en peux plus de cette petite, c'est triste à dire, mais je n'arriverai jamais à rien avec elle. 

 

Gros sentiment d'échec.

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 22:08

Et voilà, l'année scolaire est déjà rendue dans sa dernière ligne droite, période de sorties scolaires, de  la fête de l'école, mais surtout de ma hantise : la fête des mères.

 

On ne réalise pas bien la pression que représente la fête des mères sur les frêles épaules d'une jeune instit. Trouver le cadeau idéal, tous les ans, différent, le petit poème qui va émouvoir 30 wondermamans et que leurs wondergnomes seront en capacité de retenir ... 

Déjà, ça promet, il va y avoir du sport !

 

Rien que pour le cadeau ... J'ai mené l'enquête :

 

"Toi ma moman chérie quel cadeau de fête des mères t'a particulièrement plu ?"

 


"Oh punaise, j'étais au moins en CM1 pour t'offrir un truc pareil ... Ou alors, ma maîtresse était particulièrement suicidaire ... Ou alors j'étais juste tellement un ange surdoué que, bien entendu, en petite section, je t'ai récité un magnifique poème composé par mes soins et encadré dans un sublime cadre style Louis croix V bâton ...

Et sinon ? Le pire cadeau ?"

 


Ah ouais, le cendrier en argile déjà cassé quand il sort du cartable alors que t'es en plein sevrage tabagique, j'avoue, c'était collector !

 

 

Finalement, je pourrais essayer de faire un cadeau dont les mamans se souviendront écroulées quand leurs enfants auront 30 ans ... J'y arriverai peut être mieux ?

 

 

Et une jolie boite à bijoux ? Une maman, ça porte toujours des bijoux non ?

 

C'est petit joueur, j'avoue, et les mamans des gnomes de ma classe en parleront surement dans quelques années pour raconter que la petite nouvelle, elle s'était quand même pas foulée pour son premier cadeau de fête des mères. Mais il faut bien se lancer hein ...

 

OUI, en boite de camembert, ET ALORS ? ON FAIT AVEC LES MOYENS DU BORD !

 

Non mais je rêve.

 

 

 

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 17:10

.... et sauvé un autre.

 

Vendredi, dans la cour, grosse baston initiée par Nicolas.

 

Autant le dire tout de suite, Nicolas en ce moment, il part totalement en live. Dès qu'il sort du cadre bien défini des activités scolaires, il saute partout, il crie, il attaque les autres, bref ... que du bonheur. Son grand jeu, c'est de courir après les autres enfants sur la cour en criant "comme un dinosaure à 4 cornes" (J'imagine que tout le monde sait que les dinosaures à 4 cornes sont les plus méchants.). Sauf que bizarrement, les autres ils apprécient moyen moyen de se faire crier dessus toute la récré, déjà que la maîtresse leur casse les oreilles en classe, si on peut plus avoir de pause, on va contacter le syndicat des élèves de petite section. Donc Nicolas est en train de se faire des grands copains parce que c'est quand même plus marrant de crier avec lui que de se faire attaquer par un dinosaure à 4 cornes.

 

C'est comme ça que Tanguy et Jessica se sont retrouvés à jouer au dinosaure avec Nicolas. 

Et c'est comme ça que ça a dégénéré. 

 

Goulwenn se promenait amorphe normalement sur la pelouse, quand trois dinosaures à 4 cornes lui ont sauté dessus, et l'ont roué de coups. Goulwenn, d'ordinaire mutique plutôt calme, s'est mis à hurler. Tout ça parce qu'on avait oublié de le prévenir que c'était un jeu de dinosaures, sinon, forcément, ça l'aurait bien fait marré, le Goulwenn, de se faire bastonner par trois enfants déchaînés. 

 

Quand j'ai entendu Goulwenn brailler, j'ai mis fin au jeu de dinosaures, et comme c'était pas vraiment la première fois que je demandais aux trois dinos de se calmer un peu, j'ai sévi. Allez oust, les trois punis de récréation.

 

Au retour de la récré, je me dis que quand même, pour des gamins de 3 ans, c'était super violent. J'en parle aux collègues, qui me confortent dans mon idée d'envoyer les trois fautifs chez le directeur. 

 

Les dinosaures ont compris la leçon, la prochaine fois, j'espère qu'ils joueront aux bisounours.

 

Les parents, par contre ...

 

Ce soir, sortie d'école, la maman de Jessica souhaite me voir. Elle parle tout bas pour ne pas que sa fille entende. Je sens bien qu'elle est mal à l'aise. "Je voulais vous dire que nous trouvons, mon mari et moi, que vous avez été trop sévère avec Jessica, ce n'était qu'un jeu d'enfant. Elle n'en a pas dormi du week end d'être allée chez le directeur. Pour nous, cette punition devrait être réservée aux grosses bêtises." 

Elle aurait peut être aimé, la maman de Jessica, que j'attende que Goulwenn ait un oeil au beurre noir pour envoyer sa fille chez le directeur ? La pauvre chérie est traumatisée. Je pense qu'elle aurait adoré, à la place de la maman de Goulwenn, que je me contente de simples remontrances du genre "oulalala c'est vraiment pas gentil ça !"

 

 

Ce soir, sortie d'école, la maman de Nicolas me demande comment s'est passée cette journée. Je lui réponds que Nicolas est toujours aussi "tonique". Ils sont conscients du problème, ils sont inquiets pour leur fils. Ils ont pris rendez vous chez un pédopsy pour voir si ça peut l'aider. 

 

 

Je ne demande pas ça à tous les parents. Juste que quand il se passe quelque chose à l'école, les parents en soient informés et qu'ils en parlent avec leur enfant pour comprendre ce qui s'est passé. Pourquoi faut-il que ces parents aient des réactions aussi extrêmes ?

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 16:37

Ben oui, le métier d'instit, tout le monde le sait, c'est la planque.

 

Déjà, on a 2 mois de vacances l'été, plus toutes les petites vacances pour se reposer. Et puis en plus à 16h30 on a fini les cours, et à 17h on est rentré chez soi, avec plein de temps devant nous pour glander devant la télé.

24h de cours par semaine, c'est tranquille hein, et puis c'est pas comme en collège, ya pas de corrections de copies etc.

 

 

 

Bon, ça c'est la représentation (plutôt courante, bien que légèrement exagérée) de notre métier par les gens qui le voient de l'extérieur. Je ne me plains pas, que les choses soient claires, mais j'en ai un peu marre d'entendre dire que je suis une branleuse.

 

 

Pour moi, les journées d'école ça ressemble plutôt à ça :

 

8h15 : J'arrive à l'école, je mets en place les activités prévues pour la matinée, je prépare le matériel, fais au besoin quelques photocopies.

 

8h30 : Les premiers gnomes arrivent, j'accueille chacun, je parle avec les parents, je prends des nouvelles du bébé en route qui rend Nicolas légèrement agité totalement intenable, j'écoute la maman d'Anne me raconter que sa belle mère est en train de clamser, avec force détails sur la prise en charge médicale de la belle doche ...

 

9h : J'accueille Louis, dont la maman n'en a strictement rien à faire que l'école commence à 8h45, il y a quand même nettement moins de monde sur le parking à 9h, je ne vois pas pourquoi on s'embêterait à arriver à l'heure. Louis descend de la poussette, pose sa tétine et son doudou pendant que la maman pose l'étiquette de son fils sur le panneau de présences.

 

10h30 : Récréation : 20 min dehors, avec 60 gnomes en furie, qui courent partout, qui crient, qui tombent, qui pleurent, ... GROSSE PAUSE

 

11h15 : Amanda commence à hurler : elle ne veut pas manger à la cantine et toute l'école doit être au courant.

 

12h : Les parents gnomes qui ne travaillent pas viennent chercher leur petit gnome, les autres vont manger à la cantine. Amanda continue de hurler qu'elle ne veut pas manger à la cantine. La mamie de Carla me baratine en espagnol, les autres parents me regardent, impressionnés. 

 

12h15 : Après avoir rangé un peu la classe, je vais déjeuner.

 

13h : Youpi, j'ai bien coupé, je me mets à mon bureau et je planche sur les activités à venir : organisation, préparation matérielle, concertation avec les collègues de maternelle, ...

 

13h30 : Les gnomes [le retour] : Les petits arrivent pour la sieste, je ne surveille pas, mais aide à les coucher. Je répète "tu as bien fait pipi" toutes les 10 secondes environ. J'empêche Nicolas de déclencher un fou rire en disant "caca boudin". Je répète 15 fois à Nolan de défaire ses lacets au lieu de jouer avec le scratch des chaussures des autres enfants de la classe.

 

13h45 : Les petits sont couchés, Simon a fini de sauter sur sa couchette pour amuser la galerie, Amanda a fini d'hurler qu'elle ne veut pas aller à la cantine, qu'elle veut dormir dans son lit, qu'elle veut sa maman, sa mamie, son chien, son frère ... La maman de Marie a fini de me demander des conseils sur la meilleure façon de convaincre sa fille de manger des "bronconlis" (peut être en ne lui promettant pas d'aller à Macdo tous les midis).

 

13h46 : Un troupeau d'éléphants vient d'entrer dans l'école. Ah non, ce ne sont que les moyens qui arrivent discrètement dans le couloir. 

 

14h : Les moyens sont allongés sur des tapis, et se reposent. (Version officielle) Manuel joue avec la chaise qui est posée à coté de lui, Jessica remet son tapis en place pour la 15ème fois, se recoiffe, chante, récite ses poésies, fait du pédalo avec ses pieds, frappe la voisine, se rallonge, soupire quand pour la 30è fois en une minute, je lui demande de se rallonger... Bref, la pause pour moi.

 

14h15 : C'est reparti pour une après midi de folie, initiation à l'anglais, ateliers, surveillance de cour, ...

 

16h45 : Les gnomes sont harnachés : bonnets, manteaux, écharpes, gants, cartables. On attend les parents. Lisa a décidé de montrer le "Hello Titty" de son cartable au nez de sa voisine. La voisine pleure. Hello Kitty lancé dans le nez, c'est pas aussi choupi que de loin. Julie saute sur le banc dès que je discute 1 min avec un parent au sujet d'un de ses camarades.

 

16h50 : Julie est tombée. Elle pleure. Je gronde. Elle pleure plus fort. Je lui dis que c'est bien fait pour sa gueule. Elle ne pleure plus. 

 

17h05 : Le papa de Marie arrive, me tient la jambe pendant 3 min pour me raconter sa vie.

 

17h10 : Ah, on a soutien ce soir. Je retrouve un groupe de 3 élèves de CM1 à qui je fais réviser divisions euclidiennes et conjugaison du futur. Clément cherche pendant 5 min à calculer 21-24 avant de se rendre compte qu'il ne sait pas faire. Henri cherche sa trousse playboy pendant environ 10 min avant de se rendre compte qu'il l'a oubliée dans son bureau, à l'autre bout de l'école. Tom ne voit absolument pas pourquoi j'hallucine grave quand il me dit que chanter est un nom.

 

18h15 : Les grands aussi sont partis. Ouf. Enfin seule. Je m'assois à mon bureau. Bon, et sinon, demain on fait quoi ? De quoi j'ai besoin ? Et la semaine prochaine ? 

 

18h45 : Mon cerveau est en surchauffe. Je décide de rentrer. 

 

19h00 : Ok, la classe est rangée, mes grands sacs de courses sont pleins. Je peux rentrer. 

 

 

 

Et mes proches se demandent encore pourquoi à 22h je suis endormie.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 15:04

Voilà, c'est fait. Je crois que je peux dire que je suis une vraie prof maintenant. 

 

 

Moi aussi, j'ai vécu en ermite pendant 15 jours pour préparer la venue de l'inspecteur. 

Moi aussi, j'ai rempli un questionnaire de 10 pages pour Son Altesse Sérénissime (qu'il n'a probablement pas lu).

Moi aussi, j'ai (presque pas) fait une nuit blanche la veille de sa visite.

Moi aussi, j'ai descendu tout ce que j'avais passé 15 jours à préparer parce que ça ne lui plaisait pas, mais que bien sur, je suis consciente d'avoir beaucoup à progresser dans ce domaine.

 

 

Toi, jeune prof des écoles, tu viens d'apprendre que ton tour approche ? Tu désires savoir comment je m'en suis sortie ? Lis bien ces conseils. 

 

Tout d'abord, ne chamboule pas tout pour l'inspecteur. Facile à dire, mais autant que possible, suis ton programme, adapte le un tout petit peu pour faire rentrer la putain de séance de langage exigée par SAS IEN. 

 

Pense "humilité". SAS considèrera de toute façon que ce que tu fais n'est pas suffisant. Alors fais de ton mieux, mais n'imagine pas être parfait pour l'inspection.

 

et surtout, surtout, dédramatise.

 

 

Si comme moi, l'inspecteur a décidé de ne surtout pas te dire ce qu'il y a de positif dans ta pratique mais juste tout ce qui ne va pas (et tout ce pour quoi tu avais demandé de l'aide, page 8 du fameux questionnaire de 10 pages reçu 15 jours avant la date fatidique) ; si, comme moi, il a passé son temps à te dire qu'il attend plus de préparation rédigée, plus d'analyses sur ton cahier journal, plus d'anticipation sur les projets à venir (dans 2 mois), 

 

Alors trouve toi aussi le moyen de te foutre de sa gueule. Quand c'est réciproque, c'est plus facile à avaler.

 

Sache qu'un inspecteur qui tape avec les deux majeurs existe. Que si tu as l'impression qu'il te fait des doigts d'honneur à chaque fois qu'il cherche une lettre sur son clavier (qui, purée, en comporte énormément pour deux doigts), évite de lui proposer de taper toi même le rapport, ça pourrait être mal pris, mais marre toi intérieurement, et imagine quel mignon petit compte rendu tu pourrais rédiger sur ses capacités en informatique.

 

"Monsieur le grand méchant loup gagnerait à diversifier sa pratique de la frappe et à y inclure l'utilisation de tous ses appendices digitaux (on dit pas doigts dans le langage Education Nationale). Pour gagner en efficacité, Monsieur l'IEN pourrait également apprendre qu'un retrait dans un paragraphe peut être effectué autrement qu'en utilisant la barre espace au début de la ligne. (mais je ne te dirai pas comment, non non non, je ne suis quand même pas là pour t'aider)"

 

 

Bon, évidemment, c'est toujours plus facile à dire qu'à faire. Surtout dans le feu de l'action. Mais je te jure, ça aide à dédramatiser !

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