Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:22

Tu connaissais mes parents depuis plus longtemps que moi. 

Tu répondais toujours "allo, qui m'appelle ?" quand tu entendais le bruit d'une bouteille qu'on débouche.

Tu éclatais de rire et ça nous faisait toujours rire.

Tu avais le coeur sur la main.

Il y avait ton frère, Bruno, qui t'appelait Nabot.

Quand Bruno faisait quelque chose de chouette, tu criais "C'est mon frère, c'est ma maman qui l'a fait". Et ça me faisait rire.

Il y avait ta voix, grave, puissante que je n'ai jamais pu réécouter.

Tu faisais le clown, et nous on riait encore.

Il y avait notre duo, à la fin de cette chanson, à la fin du spectacle.

Il y avait ce pacte entre nous : si l'un est absent, l'autre prend le relais.

Il y a eu cette fête de la musique où tu avais une extinction de voix.

Il y a eu l'annonce de Bruno deux mois plus tard quand on aurait du te revoir.

Et puis il y a eu ce jour de janvier dans une église pleine à craquer. Pour toi.

Tu me manques Pascal.

Il y avait, il y a et il y aura toujours cette chanson.

 

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 16:39

Chez ma grand-mère, quand on était petits, ça voulait dire de l’autre coté de la terrasse. La maison mitoyenne avait été achetée par mes parents pour mes grands parents vieillissants et isolés dans leur campagne berrichonne. Ce fut le lieu de mes mercredi d’enfance. Un peu comme un voyage dans le temps dès la porte franchie.

Chez ma grand-mère, ça sentait la laque, les chats, et un peu la poussière.

Chez ma grand-mère, il y avait un buffet en bois dans lequel on trouvait plein de trésors. Une boite avec des bonbons à la violette. Une autre avec une tonne de boutons avec lesquels on jouait aux puces. Encore une autre où elle rangeait soigneusement tous les napperons qu’elle crochetait en regardant la télé.

Chez ma grand-mère, aux murs, il y avait des dessins qu’on lui avait offerts pour son anniversaire et où elle barrait soigneusement le chiffre tous les ans pour le remplacer par le bon. Et dans quelques endroits, on trouvait nos œuvres directement sur le papier peint blanc.

Chez ma grand-mère, sur les murs, on pouvait aussi voir des vieux canevas poussiéreux, représentant la campagne, des photos en noir et blanc de mes arrière-grands-parents, que je n’ai jamais connu, le dernier calendrier de la poste avec des petits chats intemporels et des cartes et des plans à l’intérieur.

Chez ma grand-mère, à coté des appareils modernes comme le téléphone où la chaine hifi, il y avait un papier explicatif, rédigé de sa main, avec son écriture reconnaissable entre mille. Comment appeler mon père, comment mettre la radio, comment écouter un message, que faire si ça clignote, …

Chez ma grand-mère, il y avait une grande armoire, avec des sacs entiers de pelotes de laine. Et une boite où elle rangeait des petits carrés qu’elle tricotait avec les chutes. Quand il y avait assez de carrés, elle en faisait des couvertures. J’en ai gardé une chez moi. Elle n’est objectivement pas très belle, mais elle est chargée de souvenirs.

Chez ma grand-mère, sur la commode de la chambre, à coté des vieilles poupées de porcelaine, on trouvait une ou deux poules en chocolat. Auxquelles elle n’avait pas touché parce que « elle est bien jolie, on ne va pas lui couper la tête quand même ».

Aujourd’hui, c’est Pâques, et je viens de sacrifier mon lapin or en pensant fort à toi, Mamie. J’espère que d’où tu es, tu ne m’en veux pas trop.

Chez ma grand-mère
Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 21:45
Say what ?

Il y a 10 ans, j'habitais en Irlande. Pour un an, pour mes études.

J'avais étudié l'anglais pendant 1 an à l'école primaire, 4 ans au collège avec l'option classe européenne, 3 ans au lycée, avec l'option spécialisée, et 2 ans en fac d'anglais donc.

Je me sentais à l'aise, capable d'affronter la vie en pays anglophone.

Quand je suis arrivée, déjà, trouver l'université m'a valu mon premier revers, et toutes les démarches avec les irlandais m'ont fait prendre conscience que l'anglais BBC soigneusement répété pendant des années n'allait pas m'être d'une grande aide.

Et cela m'a valu quelques situations cocasses.

Au moment des formalités d'inscription, je rencontre une personne qui m'indique que je dois absolument m'enregistrer au service médical des étudiants.

Je m'y rends donc et je tombe sur une secrétaire. Je me présente et j'explique la raison de ma venue.

"Hello, I'm a French student, I was told that I had to come here to register as a foreign student"

(Bonjour, je suis une étudiante française, on m'a dit qu'il fallait que je vienne m'enregistrer ici comme étudiante étrangère)

Elle ne me répond pas. Et continue à taper sur son ordinateur.

Je reprends.

"Excuse me madam ?"

(Ai-je besoin de traduire ?)

"Good afternoon, Ifiuelsiegootignemoo ?"

(Bonjour *baragouin incompréhensible à l'intonation montante comme une question*)

Je prends un air un peu surpris, je chausse mon plus bel accent français :

"I am sorry, I am French, I haven't understood what you just said, could you speak a bit slower please ?"

(Je suis désolée, je suis Française et je n'ai pas compris ce que vous venez de dire, pourriez vous s'il vous plait parler un peu plus lentement ?)

"Student card ?"

(Carte d'étudiant)

Je tends ma carte d'étudiante.

Elle tape des choses sur son ordi et reprend

"Ufomeantoyouhimebariuloho ?"

(...)

"I am really sorry but I didn't understand."

(J'ai rien compris)

"Ufomeantoyouhimebariuloho ?"

(... bis)

"..."

Elle, l'air pressé :

"Yes ? No ?"

Dans le doute, et pour ne pas l'irriter davantage, j'ai marmonné un "Yes ?"

Avec un regard compatissant, et sentant bien qu'elle passerait plus de temps à se faire comprendre, elle se lève et m'indique de la suivre.

C'est comme ça que je me suis retrouvée à faire une visite médicale facultative.

Heureusement, l'accent du docteur était plus compréhensible ...

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 21:41

Un rêve où Gilbert n'était que second rôle. Et oui, l'actrice principale de ce rêve, c'était moi. Enfin, presque moi.

Ce moi là ne regardait plus ce qu'il lui restait à faire, mais tout ce qu'elle avait déjà accompli.

Ce moi là s'arrêtait de bosser, parce que c'est bien assez comme ça, une quarantaine d'heures par semaine, et que c'est tout à fait acceptable d'arriver en classe comme ça.

Ce moi là ne culpabilisait pas d'arriver moins en forme, certains jours d'école, et d'avoir recours à des activités réprouvées par les inspecteurs de l'Education Nationale pour "occuper" ses élèves.

Ce moi là cessait de se considérer comme nulle parce qu'un simple détail de la journée avait capoté. Ou parce que même la moitié de la journée avait totalement foiré. Parce que ce moi là savait que tout ne peut pas être parfait. Ou plutôt que rien n'est jamais parfait, et qu'il faut savoir transformer en "perfection" ce qui, si on y regardait vraiment de près avec une loupe, n'en serait peut être pas.

 

Mais moi, je suis celle qui veut toujours mieux faire. Celle qui se pourrit la vie en se disant qu'avec quelques heures de travail de plus, elle aurait pu faire mieux.

Celle qui regarde ce que font les autres et voudrait en très peu de temps, atteindre l'expérience que ces autres ont mis 20 ans à construire.

Celle qui pleure d'angoisse, le dimanche soir, face à la montagne qu'elle a elle-même construite. Une montagne haute comme l'Everest pour un alpiniste débutant, n'ayant jamais gravi que les trois étages qui mènent à son appartement.

Celle qui croit encore qu'en anticipant tout, elle finira bien par éviter toutes les erreurs, tous les faux pas, tous les oublis. Et qui se croit nulle dès que ce n'est pas le cas.

Un peu comme une actrice qui penserait que sa représentation a été ratée en tous points parce qu'elle a buté sur un mot, acte 2 scène 3. Et qui ne serait plus capable de voir que son public est content.

 

Alors j'ai décidé de prendre la route. La route entre mon moi de maintenant, et le moi de mon rêve.

C'est une route qui sera longue, mais même si je n'arrive qu'à la moitié de cette route, j'aurai déjà bien changé. Et c'est ce qui compte non ?

 

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:03

D'abord ce furent tes mots, qui jouaient à cache cache, et fuyaient ton cerveau.

Et petit à petit, ton rire s'en est allé, laissant dans notre coeur des rides comme celles qui plissent le coin des yeux.

Voilà tellement de temps que nous n'avons plus entendu ta voix ...

 

Et puis la tempête a gagné tout ton corps, te faisant oublier jusqu'à ton port d'attache.

Te prenant tes forces, inexorablement.

Et te prenant la vie, doucement, comme on savoure un bon gâteau, jusqu'à la dernière miette.

Et petit à petit, notre coeur s'est serré, se gorgeant de chagrin de te voir t'en aller.

 

Doucement tu t'en vas.

Tu quittes chaque jour davantage le monde des vivants, celui des rires des enfants.

Nos routes se séparent.

Parfois, dans un regard, nous partageons encore une dernière émotion. 

Mais ouvrir les yeux est tellement fatigant ... 

 

Doucement tu t'en vas.

Jamais tu ne verras cette nouvelle branche de l'arbre que tu as planté.

Ce petit bout de femme qui récemment est né.

Ton arrière-petite fille n'aura jamais la chance de sentir ton regard, d'entendre le son de ta voix.

 

Et nous, grands enfants que nous sommes, nous regardons partir pour son dernier voyage,

Le dernier matelot d'un si bel équipage.

Les yeux vers l'horizon, c'est là qu'est ton destin.

Le vent, à chaque souffle, t'emporte loin de nous.

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 20:04

Dans la cour de l’école, il y a 5 élèves.  Ces élèves-là ne s'appellent pas Gilbert. Ils ont des prénoms un peu exotiques : Talatrouille, Fauktycroi, Taltemps, Tékao et Fausbouger. Il n'y a que 5 élèves, et pourtant, la maîtresse est un peu débordée. Talatrouille s’est battu avec Tékao, et comme d’habitude, c’est Tékao qui a gagné. Du coup, Talatrouille a mal, et il braille. Talatrouille braille tellement fort qu’on n’entend plus que lui sur la cour. Tékao, lui, est très fier, il parade devant les autres : « Je suis bien plus fort que vous, qui veut encore se battre avec moi ? ». Mais les autres se font petits, ils ont bien remarqué que Talatrouille a pris une sacrée raclée.

 

La maîtresse, elle, se sent totalement débordée. Les cris de Talatrouille l’empêchent d’entendre les autres parler.  Et pourtant, Fauktycroi, malgré sa petite taille, tente de lui dire « Vas-y maîtresse, accroche toi, tu vas réussir à le calmer, Talatrouille. »

 

Il est sympa Fauktycroi. Il a juste un peu de mal à s’imposer, dans cette bande d’élèves qui ont tous une forte personnalité. Des fois, quand Tékao est calme, il prend pourtant le dessus sur ses petits camarades. Il remet Talatrouille à sa place, quand il a tendance à parler un peu trop fort, un peu trop souvent. Il discute avec Taltemps et Fausbouger de ce qu’ils peuvent faire ensemble. La maîtresse réussirait presque à croire qu’elle s’en sort bien, pour gérer ce petit groupe. 

 

Mais aujourd'hui, à cause de la bagarre, rien ne va plus. On n'entend plus Fauktycroi, Fausbouger se tait aussi, et la maîtresse ne sait plus trop quoi faire. Tékao pète la forme, il court partout et épuise tout le monde. Et Taltemps lui répète en boucle "il va encore pleurer longtemps, Talatrouille ? Dis, maîtresse, il va encore pleurer longtemps ?"

 

Ils sont un peu fatigants, pour la maîtresse, ces élèves. 

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:21

Marre de me dire "encore 3 mois à tenir".

Marre de ces collègues malveillantes.

Marre d'aller bosser à contrecoeur, de bosser en mode "automatique", coupée de tous sentiments pour éviter d'être débordée par eux.

Marre qu'on me dise "Que veux-tu pour la mutation ?" . 

Marre d'attendre. Pour changer de niveau, pour la prochaine session de formation, pour voir mon accompagnateur.

 

Je ne veux pas d'élèves, pas pour l'instant.

Je veux repenser mon projet professionnel.

Je veux qu'on me dise "Tu serais douée pour ça" "On va t'aider" "Tu vas y arriver".

Je veux du temps pour moi, pour réfléchir à tout ça. Du temps sans Gilbert, que j'aime de plus en plus en tant qu'enfant, de moins en moins en tant qu'élève. 

 

Ce "tout sauf prof" qui me hante me fait peur.

Ces matins de plus en plus difficiles me font peur.

Ces trois mois à "tenir" me font peur.

 

J'aimerai juste qu'on m'aide à réfléchir à tout ça autrement qu'une fois tous les 2 mois. Comme si mon cerveau se mettait en pose entre deux entretiens.

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 18:11

Oui, je sais, ça rime pas, mais j'vais pas attendre 2100 !

 

On commence par partir en formation fin janvier, un stage pour "instaurer un climat de confiance dans sa classe", plutôt prometteur non ?

Et puis, on se prend en main, je viens de vider la moitié de mon armoire, de vieilles fringues, de trucs qui me ramènent à une époque que j'ai envie de considérer comme derrière moi. 

Nouvelle tête, nouveau look, ça déménage ! 

 

Gilbert n'a qu'à bien se tenir, je repars bosser requinquée, des projets plein la tête, bien décidée à les mettre en oeuvre !

 

J'en profite pour vous souhaiter une très belle année 2013 !

chemins-france-1009121374-11071841.jpg

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:09

Cher père Noël, 

 

Cette année encore, j'ai été très sage (mais je me demande si c'est pas une légende, le fait que tu n'apportes des cadeaux qu'aux enfants sages, quand je vois ce que tu apportes à certains Gilberts qui font souffrir leur maîtresse toute la journée ...).

 

Mais on ne sait jamais, en tout cas, si comme Gilbert le dit, tu as des yeux partout, tu as du remarquer qu'au boulot pour moi cette année c'est pas la joie. 

 

Je sais que t'es pas un surhomme -quoi que - alors je ne te demanderai qu'une seule chose.

Je voudrai un coup de main, père Noël. Une main tendue, pour me sortir de là. Ce long tunnel tout noir dont la seule lumière, là bas tout au bout, se situe en juillet. Mais c'est drôlement loin juillet. 

 

Peut être que le coup de main, c'est de changer de niveau. La maternelle, c'est dur. Les parents, les enfants, les collègues, j'arrive plus à gérer. Au début, ça me rendait folle, maintenant, ça m'indiffère. Mais je ne pense pas que ce soit mieux. 

Quand je vais à l'école, je passe en mode robot. J'ai préparé ma journée, j'exécute des suites d'actions pour qu'elle se déroule au mieux. Et puis je rentre chez moi. Lessivée. Le robot n'a plus de batteries. Juste une boule dans l'estomac.

 

Peut être que le coup de main, c'est juste pouvoir faire une pause. Faire le point sur mon job, et m'autoriser à me poser les bonnes questions. Et si je m'étais plantée ? Et si je n'avais pas les épaules pour assumer tout ça ? 

 

Peut-être qu'il faut que je change de métier. Mais va savoir, toi, ce que tu pourrais faire d'autre quand devenir maîtresse c'était ton rêve de gosse. Il a une drôle de tronche, aujourd'hui, le rêve de gosse.

 

Je ne sais pas. L'autre jour, quelqu'un a parlé de burn-out devant moi. Je ne sais pas si j'en suis rendue là, mais je commence à me poser la question. Comment savoir ? Où trouver de l'aide ? 

 

J'ai peur de continuer à couler. Et de ne me réveiller que quand je serai noyée. 

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:44

Ça faisait quelques jours que ça me trottait dans la tête, le bus pour aller à l'école passe en bas de chez moi, c'est quand même un peu con de prendre la voiture toute seule tous les matins, alors que les transports en commun, c'est trop éco-citoyen toussa toussa.

 

Alors j'ai pris le bus. Genre pour aller en réunion hier matin, pour pas risquer d'arriver en retard un jour de classe.

 

http://www-tc.pbs.org/kcet/wiredscience/blogs/Magic-School-Bus.jpg?Log=0

Voici donc le match Bus vs. Twingo

 

Réveil version Twingo :

Tudududut Tudududut. Grrrr. Non pas déjà, le réveil ça pique la vie. Plus que 1 réveil brutal avant le week end. Ah merde c'est jeudi, j'ai pas fait mes photocopies. Bon, encore 5 minutes et je bouge. Tiens, salut le chat. Ça roule ce matin ? Mmmh t'as encore une haleine super fraiche toi. Tu veux des gratouilles ? Genre là sous le bide ? Trop dure ta vie. T'es sur que tu veux pas aller bosser à ma place ? Bon bon, ok, je bouge. 

 

Réveil version Bus :

Tudududut Tudududut. Grrrr. Non pas déjà, le réveil ça pique la vie. Putain j'ai dit que je partais en bus, faut pas que je traine ce matin. J'ai même pas regardé les horaires en plus, j'espère qu'il y en a un qui arrive pas trop tôt pas trop tard. Salut le chat. T'es mignon mais j'suis pressée, en plus, tu pues de la gueule. Ouais, me cherche pas, j'ai un bus à prendre.

 

 

Douche version Twingo : 

Rhaaaa ya pas à dire, ça fait du bien. Tiens j'me ferais bien un gommage qui fait la peau douce et qui sent trop bon. Comatage sous l'eau chaude : 5 minutes, faut pas exploser la facture d'eau chaude. Bon, trop tard pour le gommage. Qu'est ce que je mets ? Cette tunique trop sympa ? Ah ouais, avec le jean que j'ai repassé hier soir et le sous pull blanc. Oh pis non en fait j'vais avoir froid. J'vais plutôt mettre le pull rouge. 

 

Douche version Bus : 

Rhaaaa ya pas à dire, ça fait du bien. Bon, faut pas que je traine sous la douche, j'sais même pas quand part ce putain de bus. T'es sûre que c'est une bonne idée ? Oh ça va, ça coûte rien d'essayer. J'espère au moins qu'il me reste des tickets. Bon, qu'est ce que je mets ? Oh la même chose qu'hier, pas le temps de tergiverser.

 

 

Petit dej version Twingo :

Allumage de l'ordi : tiens, j'ai des amis. Ah non, en fait des spams ou de la pub néfaste pour mon compte bancaire. Pourtant elle a l'air sympa cette jupe en soldes. Ah, ils n'ont pas ma taille. Tant pis, une autre fois. Oups, ça fait 5 min que la tartine est sortie du grille pain. Pff bon, va ptet falloir que je commence à m'activer. Allez encore 5 min de papotage MSN et j'y vais.

 

Petit dej version Bus :

Allumage de l'ordi : bon, il passe à quelle heure ce putain de bus ? 7h56 oh putain. C'est tôt ça. Ah ouais mais le suivant passe que 30 min plus tard. Bon ben hop hop hop tartine, jus d'orange et on y va.

 

 

Départ au boulot version Twingo : 

Cartable, panier repas, sac à main : Check. Let's go. Bonjour Mme la voisine d'en face. Merde, les clés sont restés dans l'appart. Démarrage de la voiture. Ouf, juste à temps pour les infos de 8h. Bon, c'est tout ce qu'ils racontent ? J'vais plutôt m'époumoner sur le dernier Jean-Louis Aubert "Aiiiiiiiiiiraiiiiiiiiifaiiiiiiiiiiime !"

 

Départ au boulot version Bus :

Bon, 7h45, faut que j'y aille des fois que le bus passe en avance. Genre un bus passe jamais en avance mais on sait jamais. Cartable : Check, sac à main : Check, panier repas : pas le temps de le préparer, je mangerai un sandwich. Putain ils sont où ces tickets de bus ? Et les clés ? Mais qui a caché mes clés ? Arrivée à l'arrêt de bus : bon ouf, sur internet, ils se sont pas plantés d'horaires. J'ai 4 min d'avance. J'espère qu'il va pas passer en retard hein. ... Putain mais il devrait être là depuis 30 secondes, qu'est ce qu'il glande le chauffeur ?  ...  Grrrr 4 min de retard, si j'avais pris ma voiture, j'aurai au moins eu les infos de 8h. 

 

 

Trajet version Twingo : 

"Demaaaain sera parfaaaaaait" Oh mais lui il avance pas ce matin. Allez coco, passe la seconde. Bon, ça va, j'ai de la marge. Allez allez prend tout droit au rond point, comme ça moi j'avance. Yihaaa ! Allez zou. "Je veux chanteeeeeer je veux te faire oublieeeeeer ..." Ah nickel, ma place habituelle n'est pas occupée. 

 

Trajet version Bus :

Bon, au moins je suis dedans. 4 min de retard, ça me fait arriver à 25, j'espère qu'il va pas traîner en route. Tain c'est quoi ce chauffeur qui écoute skyrock à 8h du mat ? pfff. Oulà, et c'est quoi ce type qui vient de s'asseoir devant moi ? Bonjour les odeurs de picole. J'ai le nez délicat moi ! Je rêve ou le bus ne prend même pas la 4 voies ? Genre on va se payer les lotissements ? Ah bah tiens, ce nom de rue me dit quelque chose. Ah ouais, c'est là qu'habite Sarah. Merde, faut pas que je me fasse remarquer. Bon, et sinon ya personne qui veut rater son arrêt pour qu'on accélère un peu ? Mais c'est qui ce type qui vient s'asseoir à coté de moi alors qu'il y avait au moins 10 autres places dans le bus ? Ah, il veut causer. GÉ-NIAL. Où je vais ? Ben au boulot. Ah lui va à l'hôpital psy. Super rassurant. Ah voilà, c'est mon arrêt. Au revoir monsieur. Bonnes vacances hein. 

 

 

Bilan Twingo : 

Une maîtresse qui arrive de bonne humeur et détendue au boulot, qui prend le temps de demander des nouvelles du petit dernier à la collègue d'en face. Qui est dispo pour ses élèves dès la première minute.

 

Bilan Bus :

Une maîtresse qui arrive grognon, le nez irrité par les vapeurs d'alcool et le parfum "Air Wick Fraicheur océane" de ses voisins de bus. Ah et merde, vlà déjà les gnomes ? j'ai pas eu le temps de faire mes photocopies, j'ai rien préparé sur les tables.

 

Tant pis pour l'écologie. Ma bonne humeur, face à wondermaman et son wondergnome wonderchiant, c'est important. 

Repost 0
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
commenter cet article

Qui Est Gilbert ?