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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:12

A : "Ma maman, elle travaille dans une maison de retraite, c'est pour les grands-pères et les grands mères."

Gilbert: "Ma maman aussi, elle s'occupe des vieux. Elle travaille dans la chirurgie esthétique."

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 18:36

Gilbert a un papa et une maman. 

 

Mais sa maman n'a plus le droit de voir Gilbert. On appelle ça le retrait des droits parentaux. En gros, la maman de Gilbert est un danger pour son fils, et du coup il ne la voit plus. C'est comme ça. Gilbert à l'habitude, ça fait déjà 2 ans qu'il n'a pas vu sa maman.

 

Du coup, heureusement, il lui reste son papa, qui a repris les choses en main quand Gilbert est revenu vivre chez lui à temps plein. Enfin, son papa ... Ses papas ... Gilbert appelle papa deux hommes différents. Aux dernières nouvelles, l'un d'entre eux serait en fait son oncle. Mais bon, tous les deux, ils ont serré la vis. Faut bien qu'il comprenne, le petit, que dans cette maison là, on fait pas ce qu'on veut.  

 

Quitte à ce que Gilbert raconte à l'école que "Papa, la nuit, il me réveille pour me donner des coups dans le dos." 

 

Quitte à ce que Gilbert fasse d'étonnants progrès chaque fois que la maîtresse met un mot dans le carnet pour dire "j'aimerai vous rencontrer pour parler de Gilbert".

 

Du coup, Gilbert, il fait ce qu'il peut. Mais il nous arrive de comprendre que l'apprentissage de la lecture ne soit pas la première des priorités pour lui, certains jours.

 

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 19:53

"Maîtresse regarde, c'est le même mot que sur la couette du livre !" 

La couverture, ça gratte.

Gilbert, 6 ans.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 17:57

La plupart de mes élèves tendent l'oreille à peine ces quatre mots prononcés, avides de savoir quelle nouvelle histoire je vais raconter. 

La plupart, mais pas Gilbert. Lui, il n'aime pas les livres, et puis de toute façon, "on en a pas à la maison" donc "apprendre à lire ça sert à rien qu'à avoir plus de travail" ... Forcément, dans ces conditions, difficile de trouver la motivation pour les mots, et les sons.

L'autre difficulté avec Gilbert, c'est qu'il ne fait pas la différence entre un loup et un mouton, entre un cochon et un canard, ou entre un éléphant et une girafe. Les histoires le barbent peut être parce qu'il ne les comprend pas.

Gilbert ne voit pas ce qui cloche quand il parle des "trois chaperons rouges" parce qu'il ne connait ni "les trois petits cochons" ni "le petit chaperon rouge. 

Et moi, je me sens démunie, face à cet enfant dont le vocabulaire est réduit à son strict minimum. Je sais l'aider à reconnaître des mots, mais il faudrait que je sois toujours avec lui à repréciser le sens de chaque mot. 

 

J'ai voulu prendre rendez-vous avec la famille de Gilbert, pour comprendre, pour voir si ces gens parlent français, s'ils lui parlent français, s'ils peuvent l'aider. Mais j'en suis à mon troisième rendez-vous manqué. Pourtant ils savent lire, ils me répondent même par écrit quand j'envoie une demande. 

J'ai comme l'impression de ramer à contre courant.

 

Il était une fois ... une maîtresse qui se sent bien impuissante ...

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 21:41

Un rêve où Gilbert n'était que second rôle. Et oui, l'actrice principale de ce rêve, c'était moi. Enfin, presque moi.

Ce moi là ne regardait plus ce qu'il lui restait à faire, mais tout ce qu'elle avait déjà accompli.

Ce moi là s'arrêtait de bosser, parce que c'est bien assez comme ça, une quarantaine d'heures par semaine, et que c'est tout à fait acceptable d'arriver en classe comme ça.

Ce moi là ne culpabilisait pas d'arriver moins en forme, certains jours d'école, et d'avoir recours à des activités réprouvées par les inspecteurs de l'Education Nationale pour "occuper" ses élèves.

Ce moi là cessait de se considérer comme nulle parce qu'un simple détail de la journée avait capoté. Ou parce que même la moitié de la journée avait totalement foiré. Parce que ce moi là savait que tout ne peut pas être parfait. Ou plutôt que rien n'est jamais parfait, et qu'il faut savoir transformer en "perfection" ce qui, si on y regardait vraiment de près avec une loupe, n'en serait peut être pas.

 

Mais moi, je suis celle qui veut toujours mieux faire. Celle qui se pourrit la vie en se disant qu'avec quelques heures de travail de plus, elle aurait pu faire mieux.

Celle qui regarde ce que font les autres et voudrait en très peu de temps, atteindre l'expérience que ces autres ont mis 20 ans à construire.

Celle qui pleure d'angoisse, le dimanche soir, face à la montagne qu'elle a elle-même construite. Une montagne haute comme l'Everest pour un alpiniste débutant, n'ayant jamais gravi que les trois étages qui mènent à son appartement.

Celle qui croit encore qu'en anticipant tout, elle finira bien par éviter toutes les erreurs, tous les faux pas, tous les oublis. Et qui se croit nulle dès que ce n'est pas le cas.

Un peu comme une actrice qui penserait que sa représentation a été ratée en tous points parce qu'elle a buté sur un mot, acte 2 scène 3. Et qui ne serait plus capable de voir que son public est content.

 

Alors j'ai décidé de prendre la route. La route entre mon moi de maintenant, et le moi de mon rêve.

C'est une route qui sera longue, mais même si je n'arrive qu'à la moitié de cette route, j'aurai déjà bien changé. Et c'est ce qui compte non ?

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 16:57

Et voilà, la rentrée de Gilbert est passée, et par la même occasion, la mienne.

Oublions un instant les pieds gonflés et la tête farcie pour savourer les meilleurs instants de cette journée si particulière.

 

Quand la maman de Gilbert me transmet la trousse de secours de son gamin allergique en précisant "j'espère que j'ai pas oublié la piqûre d'adrénaline ... Oh bah si, elle est restée à la maison, bon ben j'espère que vous n'en aurez pas besoin" J'espère oui.

 

Quand Gilbert, 6 ans me caresse la cuisse comme il caresserait son chat "T'es gentille maîtresse". Euh t'es gentil aussi mais on va se calmer là.

 

Quand je réalise que les parents de Gilbert ne connaissent vraissemblablement pas leurs couleurs. La pochette bleue ? Noire. La verte ? Jaune. Ah et Gilbert n'a que des stylos rouges dans sa trousse.

 

Quand je raccompagne le papa de Gilbert, en larmes, à la porte de la classe "Tout va bien se passer monsieur, à ce midi !".

Quand Gilbert veut "aller consoler papa".

 

Quand, pendant la visite des classes, Gilbert a trouvé un frère ou une soeur dans presque toutes les classes. Ah ben 7 enfants sur 12 classes, forcément ...

 

 

Quand Gilbert, 5 ans, lance un kapla sur sa mère en lui criant "Dégage c'est ma classe !"

Et quand la maman s'exécute en ajoutant simplement "Oui, et bonne journée mon chaton d'amour !".

 

Me voici rassurée, ce blog n'est pas prêt de s'arrêter par manque d'animation dans ma classe !

 

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:03

D'abord ce furent tes mots, qui jouaient à cache cache, et fuyaient ton cerveau.

Et petit à petit, ton rire s'en est allé, laissant dans notre coeur des rides comme celles qui plissent le coin des yeux.

Voilà tellement de temps que nous n'avons plus entendu ta voix ...

 

Et puis la tempête a gagné tout ton corps, te faisant oublier jusqu'à ton port d'attache.

Te prenant tes forces, inexorablement.

Et te prenant la vie, doucement, comme on savoure un bon gâteau, jusqu'à la dernière miette.

Et petit à petit, notre coeur s'est serré, se gorgeant de chagrin de te voir t'en aller.

 

Doucement tu t'en vas.

Tu quittes chaque jour davantage le monde des vivants, celui des rires des enfants.

Nos routes se séparent.

Parfois, dans un regard, nous partageons encore une dernière émotion. 

Mais ouvrir les yeux est tellement fatigant ... 

 

Doucement tu t'en vas.

Jamais tu ne verras cette nouvelle branche de l'arbre que tu as planté.

Ce petit bout de femme qui récemment est né.

Ton arrière-petite fille n'aura jamais la chance de sentir ton regard, d'entendre le son de ta voix.

 

Et nous, grands enfants que nous sommes, nous regardons partir pour son dernier voyage,

Le dernier matelot d'un si bel équipage.

Les yeux vers l'horizon, c'est là qu'est ton destin.

Le vent, à chaque souffle, t'emporte loin de nous.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:36

"Je vais prendre la peinture rouge, parce que c'est la couleur de ma maman préférée !"

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 14:50

Souvent l'après-midi, d'autant plus quand je suis seule avec les gnomes, je sors le lecteur CD et les 5 casques associés, et je mets un peu de musique en "libre service".

Cet après midi, je m'apprête à mettre un CD de comptines à Gilbert donc quand celui-ci regarde la boite, et grogne : 

"oh non, pas de la musique de bébé !

- Ah bon Gilbert ? Tu préfères autre chose ?

- Moi je veux écouter Awétouwel"

- Euuuh ...

- Mais si maîtresse, tu connais, c'est ACDC ! Awétouwel !!"

 

Je n'avais pas de CD d'ACDC. Mais Gilbert a eu Queen au lieu des comptines. Et il a adoré.    

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:46

Une fois les 4 compotes avalées, Gilbert est nettement moins attiré par son sandwich au jambon. Surtout que le fermier lui a dit que le jambon, c'est la fesse du cochon. Il dépouille sobrement son sandwich de toute trace de jambon, et se fait un "pain-beurre-cornichon" à contre coeur, parce que "non non Gilbert, ton picnic n'est pas fini si tu n'as pas mangé le sandwich".

En 10 mininutes, la "pause déjeuner" est expédiée pour certains, alors que d'autres n'ont pas fini d'ouvrir leur sac à dos. Une chose est sûre, ce midi, je mangerai debout.

 

Plutôt fière d'avoir pensé à un "temps calme" en début d'après midi, je dégaine quelques albums, installe les enfants qui ont fini de manger dans un coin, et retourne essayer d'ouvrir le sac de Gilbert, qui n'a toujours pas réussi à défaire le nœud que wondermaman a fait "pour que ton picnic ne se déverse pas dans ton sac". A ce point là, on se demande même s'il va pouvoir se déverser dans l'estomac de Gilbert. Le gentil fermier nous vient en aide avec un couteau pointu. Gilbert est bluffé. Et bientôt rassasié. 

13h30: Gilbert est prêt. Picnic englouti, mains lavées, vessie vidée. On s'apprête à enchainer sur une après midi "soins aux animaux". J'ai mangé un demi sandwich entre deux ouvertures de pompotes, déballages de sandwichs et autre épluchage de mandarine. TROP FUTÉ la mandarine que Gilbert ne sait pas éplucher. Merci wondermaman, je te retiens.

 

Le fermier revient, et tente de reprendre le groupe en main tout seul. S'escrime pendant 5 minutes à parler aux deux gamins qui sont assis devant lui. Quand je reviens de 5 min de pause, la classe se tait et écoute enfin notre pédagogue du jour. (Matez un peu l'autorité que j'ai sur mon groupe !)

Après midi soin aux animaux donc. A partir du moment où on considère Gilbert comme un animal, on y est presque. 

Gilbert donne à manger du grain aux poulets à son voisin. 

Gilbert se fait courser par un jars qui n'a pas trop apprécié qu'on lui dise bonjour.

Gilbert essaye de faire manger sa laine au mouton.

Gilbert remplit l'abreuvoir des lapins. En renversant la moitié de l'eau DANS ses bottes. 

Gilbert donne du pain aux ânes. Et au chien. Et en mange l'autre moitié.

 

Et puis Gilbert commence à fatiguer. A courir dans tous les sens. A pleurer pour un rien.

 

OK, il est temps de rentrer. Ça tombe bien, le chauffeur de car nous attend. Je le retiens de chanter mes louanges quand il m'entend dire à Gilbert "on va changer de chaussures avant de monter dans le car.". 

 

Gilbert n'est pas dans le car depuis 1 min qu'il dort. Son voisin lui, vient de sortir sa bouteille d'eau, et d'en renverser la moitié dessus (et sur les sièges du car).

 

Voilà, il nous reste à descendre du car, en tenant fermement par la main le Gilbert titubant de fatigue, avant de le rendre à ses parents avec un grand sourire :

 

"Oui, la journée s'est merveilleusement bien passée."

 

Une obsession reste pour la maîtresse : dormir.

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Qui Est Gilbert ?