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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 21:03

... voit arriver un engin de chantier !

 

Aujourd’hui, la voisine a décidé de creuser une piscine dans son jardin. Ce matin, on a donc vu arriver une benne, une minipelle et un super héros en tenue de chantier, gilet orange et casque jaune sur la tête. Tout le monde est aux anges.

A 10h30, quand j’ouvre la porte qui donne sur la cour, ils se précipitent devant le grillage. Tout le monde à l’exception d’une petite dizaine de rebelles est agglutiné le long de ces quelques mètres de grillage qui offrent une vue imprenable sur le manège de la pelle. Ils sont tout simplement fascinés. Je les regarde, un peu surprise du moment de calme inattendu que m’offre la voisine. Les dix élèves que tout ceci n’intéresse pas sont aussi étonnés d’avoir le toboggan pour eux, d’obtenir le vélo qu’ils veulent sans crise ni larmes. C’est cool, et je m’amuse beaucoup d’écouter les débats qui animent la troupe des spectateurs

- Ils font quoi ?

- Je crois qu’ils fabriquent une piscine.

- Ah oui ! Moi j’aimerais bien en avoir une, piscine, dans mon jardin.

- Tu crois qu’ils font quoi de toute la terre dans la benne ?

- Ben ils vont reboucher une autre piscine avec ! (Logique)

- Mais non ! Ils vont construire une nouvelle maison avec la terre !

La récré travaux, c’est ma récré préférée. Et même que si je pouvais, en fin d’année, j’emmènerais ma classe visiter un chantier. Mais je crois que ce n’est pas possible, un chantier, c’est un peu trop dangereux pour un enfant de 4 ans. Déjà qu’une cour de récré …

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 09:33

J’aurais dû sentir qu’il y avait un truc louche vendredi quand la maman de Maximilien m’a demandé combien il y avait d’enfants dans la classe alors que c’est écrit en gros sur ma porte. Mais c’était vendredi, elle pouvait être fatiguée, et moi je l’étais de toute façon alors je n’ai pas noté.

Je n’ai par contre eu aucun mal à sentir les problèmes arriver quand je l’ai vue déballer son sac isotherme ce matin. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Maximilien. 4 ans, et 4 fraisiers surgelés dans un grand sac Picard. Pas d’assiettes, pas de cuillères, pas de serviettes. Juste 4 fraisiers. Je regarde le contenu du sac qu’elle me tend. Je dois faire une drôle de tête parce qu’elle précise « c’est pour les 4 ans de Maxou ». Je bredouille un « Ah, oui ». Le regard dans le vide, déjà en train de m’imaginer la somme de galères à venir.

« Vous avez besoin des bougies ? J’ai acheté des bougies Cars ! » Va pour les bougies Cars. On n’est plus à ça près hein … Maxou entre dans la classe tout fier, et sa maman part en courant parce qu’elle est en retard. Et moi, je reste avec mon sac isotherme et mes bougies. Dans ma tête, j’annule la séance de sport. Servir un fraisier à 30 enfants de 3-4 ans, ça va faire un équivalent de sport. Et il faudra bien prévoir 30 à 45 minutes entre le service, la dégustation et le débarrassage.

Comme je suis seule dans la classe jusqu’à 9h15, je commence ma journée comme d’habitude. Et quand Laurence arrive, je lui présente la situation en lui demandant « Euh, tu sais si on a des assiettes en carton dans l’école ? » Elle aussi sent l’embrouille. Alors j’ouvre le sac. Elle regarde l’intérieur, me regarde, puis vérifie qu’elle a bien vu ce qu’elle a vu dans le sac. Oui, oui, on va devoir servir du fraisier à toute la classe. Finalement, en discutant, on préfère annuler une partie des ateliers. Parce qu’on va devoir asseoir tous nos élèves à une table et qu’après, ils auront surement besoin de se défouler. Laurence se met en quête d’assiettes, de cuillères et d’un gros rouleau de sopalin. Et moi je commence à improviser.

Pas d’ateliers « classiques » donc … Commençons par lire une histoire, puis chantons une chanson, et tiens, qui veut nous raconter son week-end ? Je meuble, et ça se voit. Les enfants s’agitent. D’habitude, à cette heure-là, le temps collectif est terminé, et ce n’est pas pour rien. Quand je sens que Laurence est presque prête, je lance la passation de consignes. On va manger du gâteau « Ouaiiiiiiiiiiiiiis ». Du gâteau aux fraises ! Suzon n’aime pas les fraises. Et comme c’est un gâteau qu’on mange avec une cuillère, on va aller s’asseoir aux tables d’ateliers et vous allez attendre sagement qu’on vous apporte une part. C’est bizarre. Ils le sentent. Ils sont méfiants et je le vois. On plante les bougies Cars dans un morceau de carton, on chante joyeux anniversaire à Maximilien tout fier, il souffle et puis tout le monde va s’asseoir.

C’est à ce moment-là que ça commence à déraper. Une fois la troupe installée, Laurence et moi nous commençons à distribuer les parts. Léonie veut retourner son assiette pour savoir si derrière elles sont décorées. Sidonie commence à manger avec les doigts. Célestin goûte, mais il n’aime pas, alors il se lève pour le dire à Laurence, qui tient dans ses mains 3 assiettes pour le groupe suivant, ne voit pas Célestin et renverse donc les assiettes. Sur Anatole qui se met à pleurer qu’il n’aime pas le fraisier, qu’il en a déjà goûté à l’anniversaire de Mamie Jeanine et qu’en plus maintenant il en a plein sur son beau pull. Apolline goûte, elle adore, et finit les assiettes des trois autres enfants de sa table.

En 10 minutes, il y a plus de fraisier sur les mains, les cheveux, les vêtements et le sol que dans l’estomac d’aucun de mes élèves. A part peut être celui d’Apolline. Six enfants m’ont déjà demandé s’ils étaient obligés de finir leur part, et cinq se demandent quand est-ce qu’on sort en récré. On se regarde avec Laurence, entre la crise de rire et la crise de larmes. Je demande le silence et j’annonce la récré. Les enfants sortent dans le couloir, pour une fois Laurence reste dans la classe, on passe aux toilettes pour se laver les mains, le visage, les cheveux et le reste, on s’habille, et on sort en récré avec 5 bonnes minutes d’avance. Quand la collègue de surveillance vient prendre le relais, elle me demande « Tu as eu un souci dans ta classe ce matin ? J’ai croisé Laurence avec le balai et la serpillère. » J’éclate de rire, et puis je raconte. Si Maximilien est dans sa classe l’année prochaine, je saurai lui rappeler de se méfier des questions anodines, le vendredi soir.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 19:56

Quand j'étais jeune enseignante, je voulais être expérimentée. Là. Maintenant. Tout de suite. C'est trop dur de commencer, de ne rien savoir, de voir les collègues y arriver et de ne pas y arriver soi même.

Quand j'étais jeune enseignante, je me trouvais nulle (et puis mon directeur aussi, mais ça c'est une autre histoire, il était maltraitant). Je le croyais quand il me disait que c'était à cause de moi qu'on allait fermer une classe.

Quand j'étais jeune enseignante, je pensais que mes élèves n'avaient pas de chance de m'avoir comme maîtresse, parce qu'avoir une maîtresse comme moi, ils allaient en ressentir les conséquences toute leur scolarité, c'était sur.

Quand j'étais jeune enseignante, je pensais que ce qu'on m'avait appris à l'école était faisable. Qu'il fallait que je rédige pour chaque minute de classe une fiche de préparation, une fiche de séquence, une fiche de séance, un cahier journal, une fiche pour les rituels. Alors je bossais, comme une folle, tous les soirs, tous les week-ends, toute la vie. Et parfois, j'avais passé tout mon dimanche à rédiger une fiche de séquence, de séance et tout et tout. Et le lundi matin, rien ne marchait comme je voulais, et il fallait revoir toute la séquence, jamais ça n'irait comme ça.

Quand j'étais jeune enseignante, j'ai fait des erreurs. Et je m'en suis voulue. Et un jour, j'ai même écrit une lettre pour démissionner de mon métier. Il valait mieux que j'arrête, pour les enfants. Et puis un peu pour moi aussi, parce que pleurer tous les matins en allant bosser ça n'était plus possible.

Quand j'étais jeune enseignante, je me suis épuisée à la tâche. Et j'ai failli y laisser ma vie.

 

Je ne suis plus jeune enseignante. Je suis toujours jeune, mais j'ai fait cette année ma dixième rentrée.

Je voudrais m'adresser à celle que j'étais il y a 10 ans, ou même 9, 8, 7  ans. La débutante. Et aux débutants qui se reconnaitraient dans mon histoire.

 

Nous faisons un métier formidable. Formidablement envahissant. Formidablement enrichissant. Formidablement humain. Nous rapportons à la maison nos cahiers, nos préparations, et des petits bouts de nos élèves (non, je n'ai pas un bras de Gilbert dans mon cartable). Leurs histoires nous suivent. Nous hantent parfois. Nous donnons de notre personne dans notre travail. Et nous mettons du travail dans notre vie personnelle. C'est souvent difficile de cloisonner les deux. Parce que si on n'est pas un peu humain, on fait mal notre travail.

Luttez contre la petite voix qui vous pousse à en faire toujours plus. Luttez contre vos CPC, inspecteurs ou directeurs qui vous demandent toujours plus. Luttez contre vous-même et faites confiance à vos aînés (ou du moins à ceux qui ne vous veulent aucun mal).

Nous passons notre temps à dire à nos élèves qu'il faut prendre son temps, ne pas monter les marches trop vite. Nous passons du temps à établir des progressions pour nos élèves, à se dire que logiquement, avant d'apprendre à poser des additions, il faut savoir compter. Ayons cette même démarche pour nous. Un métier s'apprend. Pas en un an sur les bancs de l'ESPE, mais tout au long de notre vie. Vouloir tout faire, tout réinventer, tout mettre en place la première année, c'est comme vouloir courir un marathon le premier jour de course à pied. C'est épuisant et c'est dangereux.

Pourrions nous nous déplacer à travers toute la planète et même au delà si à chaque génération nous avions du réinventer la roue ? Probablement pas. Nous sommes des milliers, à enseigner à des millions d'élèves. Les programmes sont les mêmes dans toute la France. Alors, comme diraient les Shadoks : POMPEZ.

Le maître mot c'est la mutualisation. Allez voir chez Lutin Bazar, Charivari ou autres Bout de Gomme. Découvrez les outils qu'elles proposent. Essayez les, doucement. Commencez par en choisir un qui vous parle, et testez. Ça vous convient ? Super. Ça ne vous convient pas ? Tant pis, essayez en un autre. Choisissez un domaine, deux maxi, et testez. Pour le reste, appuyez vous sur les méthodes qui marchent et qui sont reconnues depuis longtemps. Les manuels sont de bons supports. Pas parfaits, mais suffisants. Vous aurez tout le temps d'innover quand vous serez plus à l'aise, plus expérimentés.

Prenez le temps de progresser. Et mesurez vos progrès, c'est valorisant et ça fait plaisir. Et surtout n'oubliez pas : c'est beaucoup plus facile d'aider les élèves à s'épanouir quand on a eu du temps pour des loisirs. Si vous arrivez détendu, ils le seront aussi.

Courage, vous allez y arriver !

 

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:22

Tu connaissais mes parents depuis plus longtemps que moi. 

Tu répondais toujours "allo, qui m'appelle ?" quand tu entendais le bruit d'une bouteille qu'on débouche.

Tu éclatais de rire et ça nous faisait toujours rire.

Tu avais le coeur sur la main.

Il y avait ton frère, Bruno, qui t'appelait Nabot.

Quand Bruno faisait quelque chose de chouette, tu criais "C'est mon frère, c'est ma maman qui l'a fait". Et ça me faisait rire.

Il y avait ta voix, grave, puissante que je n'ai jamais pu réécouter.

Tu faisais le clown, et nous on riait encore.

Il y avait notre duo, à la fin de cette chanson, à la fin du spectacle.

Il y avait ce pacte entre nous : si l'un est absent, l'autre prend le relais.

Il y a eu cette fête de la musique où tu avais une extinction de voix.

Il y a eu l'annonce de Bruno deux mois plus tard quand on aurait du te revoir.

Et puis il y a eu ce jour de janvier dans une église pleine à craquer. Pour toi.

Tu me manques Pascal.

Il y avait, il y a et il y aura toujours cette chanson.

 

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 11:35

Il est 9h30, mes CP sont concentrés sur un texte de lecture, je savoure une petite pause tout en circulant entre les rangs.

Gilbert aussi est concentré, mais je remarque, de loin, qu'il est le seul à ne pas lire en suivant les mots avec le doigt. Je m'approche. Gilbert est rouge écarlate. Sur son front, de grosses gouttes. 

"Gilbert, je préfèrerais que tu lises ton texte"

Il sort prestement les deux mains de son pantalon et se remet au travail.

 

Il est 10h15, mes CP sont en pleine application sur un exercice d'écriture. Je compte les minutes jusqu'à ma pause récré. 

Gilbert se tortille sur sa chaise. Je m'approche. A nouveau, il est rouge écarlate, le front perlé de sueur.

"Gilbert, tu as besoin d'aller aux toilettes ?"

Il se redresse, fait non de la tête et se remet au travail.

 

Il est 11h45, mes CP sont en plein exercice de maths. Je profite de deux minutes de calme en pensant à mon déjeuner. 

Gilbert ne compte pas sur ses doigts, ils sont occupés ailleurs. Dans la classe, la concentration est telle qu'on entendrait une mouche voler. Mais on entend Gilbert, qui pousse de petits gémissements à intervalles réguliers.

A midi, j'interpelle Gilbert : "Tu sais, ces envies que tu as, elles sont normales, mais tu ne dois pas faire ça en classe, c'est privé"

 

J'aurais aimé que Gilbert me comprenne, mais au bout de plusieurs rappels, j'ai fini par prendre rendez-vous avec les parents de Gilbert. 

"Euuuh madame, monsieur, je vous ai demandé de venir parce que Gilbert se masturbe en classe, ça commence à être embarrassant."

 

Il y a des entretiens de parents, quand on débute dans le métier, on ne s'attend pas à devoir les mener. 

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:41

... juste en manque d'inspiration et légèrement débordée !

Je ne suis même pas en retard pour vous souhaiter une bonne année 2017 ! Qu'elle vous apporte le meilleur, à vous et à vos enfants ! Une année sans mutation, ou avec celle que vous désiriez depuis longtemps, comme celle que j'ai obtenu en 2016.

 

Et oui, j'ai un peu changé de boulot en septembre, je m'occupe toujours de Gilbert, mais uniquement quand il est en grande difficulté scolaire. Ça rajoute un peu de défi, et moi, j'adooooooore les sushis les défis !

 

Prenez un élève de 11 ans, ajoutez une bonne louche de dyslexie, une pointe de caractère bien trempé et quelques années d'échec scolaire. Le défi, c'est de lui permettre de lire suffisamment correctement pour se débrouiller dans la vie.

Prenez un élève de 7 ans, ajoutez une grosse myopie non détectée en CP, trois cuillères à soupe de découragement, mélangez bien et servez frais. Le défi, c'est de lui permettre de lire grâce à ses nouvelles lunettes.

Prenez un élève de 9 ans, ajoutez un énorme sourire, un gros soucis de bien faire, saupoudrez de bonnes difficultés scolaires, et terminez avec une compréhension hachée (très très hachée). Le défi, c'est de lui permettre d'accéder à une section spécialisée qui sera plus adaptée à ses capacités. 

 

Voilà mon quotidien depuis septembre. En vrai, je m'éclate. Malgré les 45 à 60 minutes de route matin et soir. Malgré les 5 écoles différentes entre lesquelles je navigue. Je rencontre des enfants incroyables qui se dépassent, des instits incroyables qui donneraient tout pour leurs élèves, des écoles incroyables, nichées au fin fond de la campagne.

Je (re)découvre le travail d'équipe, ici la psychologue scolaire, là l'orthophoniste de Gilbert qui me donne des conseils, et encore là bas, l'enseignante en rééducation (Espèce en voie de disparition), la psychomotricienne, l'infirmière scolaire, les assistantes sociales.

 

Bon, tout le monde est là, alors maintenant, pour Gilbert, on fait quoi ?

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 10:32

Alors Gilbert, comment s'appelle le petit du lapin ?

Le lapinou ?

Non Gilbert, on dit le lapereau !

 

Aaaaaaah comme quand y'a des gens qui viennent boire à la maison !

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 19:00

Qu'est ce qui vous rend heureux ?

Pas facile cette question hein. Moi je suis un peu maso, je l'ai posée à mes élèves en ce début d'année.

En projet d'écriture, je leur ai même demandé de m'écrire leur recette du bien-être. J'avoue que le moment de la correction a été particulièrement savoureux. Voici donc quelques extraits.

 

Prenez un très très grand saladier et les ingrédients suivants :

- du chocolat (plein, selon les recettes, ça va de 4kg à plusieurs tonnes)

- des copains

- des récréations

- une console

- de la famille

N'oubliez pas les vacances hein !

Mais aussi :

"1 000 000 000 tonnes de sagesse et 1 000 000 000 ... 000 tonnes de bêtises"

"100 000 g de paix avec ma sœur"

"des gentilles maîtresses"

 

Quelques ingrédients précieux viennent parfois s'immiscer dans leurs recettes :

de la paix, du "non à la guerre", du sourire, du plaisir, des rires, et de l'amour, bien sur.

 

Vient ensuite la réalisation de la recette.

Il y a la version courte, mais adorable "Mélangez le tout dans un câlin pendant 2h"

La version un peu violente : "Rajoutez les maîtresses, mélangez et une heure de cuisson"

La version trash : "Mettez la famille au micro-ondes avec la danse"

Très trash : "coupez jusqu'à en faire de la bouillie"

 

Et hop, au four !

 

Gilbert vous souhaite bon appétit !

 

(et parce qu'avec les fautes d'origine, c'est encore plus savoureux, quelques images ci-dessous)

La recette du bien-être
La recette du bien-être
La recette du bien-être
La recette du bien-être
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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 06:49

Lundi matin, 8h30, je monte dans ma voiture. Une pointe de nostalgie s'empare de moi. Une pointe d'envie aussi. Ça y est, je vais retrouver mes collègues, c'est le jour de la pré-rentrée.

9h, tout le monde est en salle des profs. Ou presque. Avec une tasse à la main, on se raconte nos vacances. Ah, ton petit dernier a eu la varicelle ? Pas de chance ! Ah, tu as passé tes vacances aux Antilles ? J'avais oublié que ton mari est banquier ! Il y a les collègues bronzées qui ne sont visiblement pas parties au même endroit que moi. Celles toujours motivées, déjà presque assises autour de la table de réunion. Celles (comme moi) qui auraient bien pris un petit rab de sommeil ce matin.

9h30 le café est fini, la directrice use de toute sa diplomatie pour nous faire asseoir. On s'y met.

- "A la rentrée des directeurs, ils nous ont parlé du PPMS, il va falloir qu'on en discute. Vous avez entendu, il va falloir faire un exercice "intrusion attentat" avant la Toussaint.

- Mais l'an dernier, on avait déjà fait un exercice de confinement, ça change quelque chose ?

- Il va falloir se préparer éventuellement à évacuer les élèves. Bon, si on reprend la trame de celui de l'an dernier Géraldine, tu rejoins Stéphanie dans sa classe. Martine, tu rejoins Marie-Françoise. Et toi Ninoche ? Euuuh ben ta classe c'est le pré-fabriqué au milieu de la cour, dans une hypothèse d'attentat ...

- Et si le tireur fou rentre par en haut, la porte de la cantine ? Et si ...

- On a l'obligation d'afficher un panneau PPMS en cours, qui se dévoue pour traverser la cour et aller l'accrocher au portail ?

- Je vous rappelle que vous avez du scotch dans les boites, pour calfeutrer les fenêtres.

- Oui, mais il est pas assez large pour les fenêtres coulissantes, on avait essayé l'an dernier.

- Euuuh oui, mais dans le commerce ils font pas plus large.

- Arf, pas grave alors."

 

Je vous épargnerai l'heure et demi de discussion sur le sujet, le dilemme sur "je préviens un max de personnes en même temps en sonnant la cloche mais du coup je me fais repérer par le tireur.", les questions du genre "et si Mme Michu vient chercher Gilbert pour sa séance d'orthophoniste au milieu du PPMS ?", les interrogations sur comment "entrainer les élèves à réagir de façon appropriée" sans créer un climat de peur ...

Heureusement que l'inspecteur insiste pour qu'on fasse en sorte que l'enfant trouve à l'école un espace sécurisant.

 

Finalement les nouveaux programmes, c'est passé comme une lettre à la poste parce qu'après toutes ces émotions, on avait plus vraiment le temps de débattre de la réforme. Et que pour une première matinée, on allait quand même pas rater la pause café.

 

Pas de doute, cette année, on va bien s'amuser ...

La pré-rentrée comme si vous y étiez
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 12:57

8h45 : la cloche sonne. D'un pas alerte, je rejoins mes élèves. Fait notable, ce matin, ils sont presque rangés quand j'arrive. Il faut croire qu'ils sont fatigués de jouer.

9h : J'ai fait l'appel, distribué les courriers, récupéré l'argent de la tombola, présenté le programme du jour.

9h15 : J'ai tout bien expliqué, réexpliqué, fait reformulé par deux élèves les exercices de l'évaluation de géométrie.

9h16 : La maman de Gilbert frappe. Ah oui, c'est vrai, il va chez l'orthophoniste. Un jour, j'arrêterai d'oublier et de programmer une évaluation à ce moment là.

9h30 : Les premiers élèves terminent leur évaluation.

9h45 : Les derniers élèves terminent leur évaluation.

J'organise une minute de détente (automassages, percussions corporelles) et je lance la séance de grammaire.

Au programme, réactivation de la séance de la semaine passée sur les variations du verbe en fonction du temps.

10h : Gilbert rentre de chez l'orthophoniste. Je lui réexplique le tout et je continue. Je donne une phrase, ils la transforment en changeant "maintenant" par "hier" ou "demain". Gilbert ne dit rien et regarde dehors.

Je baisse le store, réexplique, fait reformuler l'exercice par deux élèves, et demande à Gilbert "Alors, si je dis "Hier je chanterai une chanson" ça te semble possible ?".

Regard vide.

"Gilbert ? ça se dit "Hier je chanterai une chanson??".

Le voisin de droite répond "BAH NON".

Du coup, je change d'exemple. "Gilbert, est ce qu'on peut dire "Demain, j'étais en vacances ?".

Le voisin de derrière répond "Bah non".

Gilbert répète "non".

J'encourage, je valorise "OUIII Biiiiien, pourquoi on peut pas ? Qu'est ce qu'on dirait ?"

"On peut pas parce que les vacances c'est pas demain."

 

 

Une matinée ordinaire
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