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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 15:55

Je n’ai pas eu mon CAPPEI.

J’y ai pensé tout l’été, j’ai ruminé, essayé de comprendre. Mais il n’y a rien à comprendre. Juste accepter que je n’aie pas eu mon CAPPEI.

J’ai pourtant travaillé. Comme je n’ai jamais travaillé. J’ai lu des ouvrages, pris des notes. J’ai changé ma pratique professionnelle. J’ai observé mon tuteur faire, et essayé de l’imiter. J’ai sacrifié un peu de ma vie personnelle, beaucoup de ma vie sociale et environ toute ma sérénité. Mais je n’ai pas eu mon CAPPEI.

Quand les résultats sont tombés, j’ai pleuré. Je n’étais pas dans la liste des reçus. Première claque.

Quand les notes sont tombées, j’ai encore pleuré. J’avais tout à repasser. Aucune note positive. Deuxième claque.

Enfin, quand le rapport d’examen est tombé, j’ai pleuré. Rapport très cassant. Aucune bienveillance. Troisième claque.

Il m’a fallu 32 ans pour rater un examen. Et un échec après 32 ans de réussite scolaire, c’est plutôt violent.

J’avais pourtant tout fait pour y arriver. Mon tuteur était content de moi. Mon inspecteur, venu quelques mois plus tôt pour une simple inspection de routine, était content de moi. Mes formateurs étaient contents de moi. Ma hiérarchie était contente de moi. Je me sentais confiante. Si tout le monde y croyait, ça devait passer.

Quand j’ai échoué, ma hiérarchie n’y a pas cru. Mes proches n’y ont pas cru. Mes collègues n’y ont pas cru. Mes camarades de formation n’y ont pas cru. Et pourtant.

Quand j’ai eu mes notes, mes proches ont crié au scandale. Mes collègues ont cru à une erreur. Et pourtant.

Quand j’ai eu mon rapport d’examen, j’ai compris que l’objectif du jury n’était pas de me permettre de réussir. Juste de me casser. Pour le moment ils y sont bien arrivés.

Je n’ai pas eu mon CAPPEI parce que je suis trop jeune. Parce que je n’ai pas assez d’expérience. Parce qu’il fallait éliminer un grand nombre de candidats.

Moi, la bonne élève, la bosseuse. Celle que tout le monde voyait réussir. Et bien j’ai échoué.

Et c’est terriblement injuste. C’est comme ça, c’est la vie. Mais c’est dur.

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commentaires

Ces 30/04/2021 17:30

Bonsoir à tous,
Je vois que nous sommes nombreux dans ce cas ! Cette année, suite au nombre hallucinant d'échecs dans notre département, nous avons décidé de ne pas nous laisser faire et de crier haut et fort cette injustice !
Pourriez vous m'indiquer de quel département vous dépendez SVP ?

crisoun 12/10/2020 17:48

Quand je lis ton commentaire, je me retrouve un peu... J'ai échoué à l'épreuve pratique, la séance et son analyse, celle pour laquelle on se dit qu'on pratique depuis un certain nombre d'années et que ça devrait bien se passer, celle aussi à laquelle croyaient mes collègues, mes proches, sur un poste dans lequel j'avais déjà été inspectée. Bref, je n'ai pas compris. Je repasse l'épreuve cette année, pas sereine du tout !

Fred DEFOIS 05/01/2020 01:14

Bonjour Ninoche...

Moi non plus, et pourtant... j"y ai presque cru...j'hésite encore à me réinscrire...reste 10 jours...pour retourner à l'abattoir ?

Je suis l' un des rares certifiés en anglais, sur poste à profil, en EREA...

bien amicalement,

Frederic.

Coravre 20/01/2019 08:13

Et on nous parle de bienveillance ... vive les jurys d’examens ! Je vais me faire exploser au cafipemf en mars; juste parce que c’est la première fois, qu’il faut nous départager, que c’est 20% de réussite environ ... c’est à nous dégoûter de travailler.
Courage et sers t’en comme d’une expérience de vie. Tes élèves ont de la chance de t’avoir.

LRDNV 01/12/2018 18:42

Dur. Et pas glop ! Je compatis tellement car j'échoue depuis 5 ans aux Concours Internes CAPES-CAER du 2ndaire, alors courage. Ne désespère pas. On exerce des métiers difficiles, et malgré ce que l'institution et ses représentants disent, les concours ne sont pas faciles. Beaucoup de membres de jurys ne sont pas bienveillants. Je ne comprends pas ce fonctionnement, je suis déprimée de cette éducation nationale qui nous exploite, et nous fait miroiter des concours que l'on essaie d'avoir, sans succès.
Accroche-toi, le travail paiera un jour malgré tout !