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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 12:57

Il est 7h30, un lundi de printemps, j'ai préparé ma valise, fait des papouilles à mon chat en lui promettant d'essayer de revenir vivante. Je suis sur le trottoir devant l'école, et déjà, plus d'une soixantaine de familles attendent, entre excitation et boule au ventre, l'arrivée du car.

J'ai chaussé mon plus beau sourire, l'anti-cerne ne laisse rien présager des quelques heures de sommeil qui me manquent, après de multiples réveils stressés.

 

7h45, le car est arrivé, les valises sont chargées, les enfants aussi. La maman de Gilbert pleure bruyamment sur le trottoir, faisant de grands signes à son fils, légèrement déchiré entre l'envie de partir et celle de descendre consoler sa maman.

A 8h, nous sommes prêts à partir, il ne manque plus qu'un enfant, qui arrive, le petit déjeuner dans la main, le papa suit, dans une main le sac de voyage à peine fermé, dans l'autre, le petit frère de quelques mois, à peine réveillé. Quand je demande si Gilbert a bien son pique-nique, le papa prend un air surpris "un pique-nique ? Mais enfin ce n'était marqué nulle part !"

Après vérification le soir même, la trousse de toilette et le slip de rechange devaient également avoir été oubliés sur la fiche de cet enfant précis.

 

9h30, une accompagnatrice assise au fond du car demande bien fort "il reste de la place, devant, pour une petite qui se sent mal ?". Je fais de la place, sort en urgence un sac poubelle, que je lui donne, bien ouvert. Cinq minutes plus tard, la petite vomit, à coté du sac. Le chauffeur est ravi. Moi aussi. Qui n'a jamais rêvé de nettoyer du vomi, à 4 pattes dans un bus scolaire, un lundi matin au réveil ?

 

10h, nous arrivons au centre. Le gentil monsieur que j'ai eu au téléphone nous accueille. Gilbert est surexcité. On décharge les valises. Je bénis mes collègues qui ont précisé en réunion que "votre enfant doit pouvoir porter sa valise tout seul". Je maudis les parents qui n'ont pas entendu cette précision.

Une fois le déchargement terminé, nous partons pour une pêche à pieds. Gilbert est ravi, il a les pieds dans l'eau. Il hurle à la moindre petite bête, et j'ai l'air extrêmement convaincu quand je lui dis "Mais noooon, tu peux la saisir, elle ne te fera aucun mal".

Bien sur, les bottes ne sont pas toutes étanches, nous aurions certainement du préciser qu'étant donné le climat dans la région au mois de mars, les bottes en caoutchouc étaient plus appropriées que des après-ski.

Mais qu'importe, Gilbert a au moins 2 paires de chaussettes de rechange dans son énorme valise. Ah, non, en fait, la moitié de la valise est occupée par un ours en peluche format fête foraine. "Je ne peux pas dormir sans maîtresse."

 

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 22:23

Mais qu'est ce qui a pu nous prendre, un soir de septembre en réunion, de dire "et pourquoi on ne partirai pas deux jours, vu que c'est loin, la sortie qu'on voulait faire ?"

J'aurai trouvé mille arguments. Du genre "deux jours, c'est une nuit, et la nuit avec des mômes, c'est l'enfer, je l'ai lu sur Twitter" ou bien encore "Ils sont encore petits, pour partir une nuit" ou alors "Je ne me sens pas l'âme d'une kamikaze, le suicide, très peu pour moi".

Au lieu de ça, j'ai prononcé faiblement un "euuuh vous êtes sûres" à la proposition de mes collègues.

 

Et j'ai même appelé le centre pour dire "Coucou, c'est l'école de Gilbertville, vous auriez des disponibilité, pour deux jours au printemps ? On viendrait avec 70 enfants"

Le monsieur était gentil, n'avait pas l'air trop dépressif ou suicidaire. Il m'a dit qu'il ne lui restait que deux options. J'ai noté les dates, au dos d'une facture importante, et j'ai dit "Merci beaucoup, au revoir" sans vraiment me rendre compte dans quoi je m'étais embarquée.

 

Dans le même temps, ma collègue avait fait faire des devis de car. et visité le site web du centre. Elle est revenue vers moi avec le sourire "Ouaaaah, tu as vu, ce centre c'est un vrai château ! C'est magnifique !"

Alors on a réservé.

C'est vrai qu'il était sympa sur les photos, ce centre d'hébergement. Ça donnait presque envie d'aller y séjourner. Presque.

 

Les choses se sont accélérées en janvier. Il faut préparer les activités, organiser une réunion d'information pour les parents de Gilbert, rappeler le gentil monsieur du centre pour savoir ce que Gilbert doit emporter dans sa valise.

Il faut faire mille réunions/discussions sur la cour pour ne rien oublier, préparer les chambrées, recevoir les parents très inquiets et les rassurer tant bien que mal.

 

Et puis un jour, tu vas te coucher, et tu réalises. Demain, à la même heure, tu seras en train de gérer les larmes de toute une palanquée de mômes.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:15

 

J'aime quand je m'apprête à reprendre Gilbert pour son comportement, et que je me rends compte que ça fait drôlement longtemps que je ne l'ai pas repris, lui qui était sans arrêt puni en début d'année.

 

J'aime quand je vois le visage de Gilbert s'illuminer quand je lui donne un billet de félicitations.

 

J'aime quand je vois le soulagement sur le visage du papa de Gilbert quand je lui dis que vraiment, son fils a fait d'énormes progrès.

 

J'aime quand j'ai eu la grippe et que j'ai 4 dessins qui m'attendent à mon retour "C'est parce que tu nous as manqué maîtresse !"

 

J'aime quand Gilbert me dit "Tu sais maîtresse, l'orthophoniste elle m'aide vraiment". J'aime quand je suis d'accord avec Gilbert, que je le sens reprendre confiance en lui.

 

J'aime quand je dis à Gilbert et sa maman que "Non, vraiment, le soutien ne sera plus nécessaire la prochaine période".

 

J'aime quand je vois les ptits loups grandir, mûrir, se poser, et que j'ose imaginer que c'est un peu grâce à moi !

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 18:13

Nouvelle année, nouveaux élèves. J'ai la chance de changer d'élèves tous les ans, et ainsi de passer la main aux collègues quand ma patience est mise à mal. J'ai la malchance de ne pas suivre ces enfants auxquels malgré tout on s'attache un peu. 

 

Cette année, #Gilbert est en CP. J'ai récupéré le dossier de ma collègue, mais j'aime bien attendre un peu avant de savoir ce qu'elle en pense, histoire de me faire ma propre opinion sur l'enfant, sans biais d'un bilan rédigé en fin d'année.

Malgré tout, j'ai déjà beaucoup entendu parler de Gilbert. Son manque de maturité est une des données que j'ai retenues, mais parfois, le CP, ça change pas mal de choses. 

 

La première chose qui me frappe, c'est que Gilbert ne semble pas dans la même réalité que nous. Il n'a par exemple pas été capable de me dire comment s'appelait sa soeur. Bien sur, j'ai d'abord pensé à une séparation, une demi-soeur qu'il ne verrait que partiellement. Mais non. Il vit avec elle au quotidien depuis 6 ans et ne sait pas son prénom. Bizarre, non ? 

Parfois, au détour d'un échange en classe, Gilbert lève la main. Il dit un mot, sans aucun rapport avec le sujet de la conversation. Ou nous raconte un fait de sa vie, sans avoir le moins conscience du décalage avec le reste de la classe. 

 

Et puis, au fur et à mesure des apprentissages, Gilbert décroche. Ne reconnait pas plus les nombres (même inférieurs à dix) que les lettres (mêmes celles de son prénom), n'entend pas les sons ("dans papa j'entends IIIIIII maîtresse"), oublie d'une semaine sur l'autre ce qu'on a appris.

Et il y a eu la cour, les enfants en larmes parce que "Gilbert, il veut nous tuer". Les traces de mains autour du cou des autres, les coups.

 

Très vite, je demande à voir les parents. Je les sens terrifés par tout ce que mes collègues leur ont dit depuis des années et qui d'un coup, en CP, prend une tournure très très concrète. Leur petit chéri, leur grand bébé n'apprend pas à lire comme les autres enfants. Avant, ils pensaient que ça s'arrangerait, après tout, "il n'a que 3 (4, 5) ans, il est encore petit, en maternelle". Ils y croyaient, vraiment. 

Je les vois devant moi, et je sais que tout ce que je peux leur dire ne fera qu'accentuer leur peine et leur angoisse. Et malgré tout, il me faut poser des mots, leur dire mon impuissance, qui est aussi la leur, tenter de les orienter vers des spécialistes qui, sans faire de miracles pour autant, sauront les aider à comprendre ce qui se passe. 

 

Parfois, vraiment, mon métier est difficile. 

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 13:59

Voilà, ça fait presque 3 mois que j'ai fait connaissance avec mon équipe de Gilbert, saison 2014-2015. Je commence à bien les connaître, et je me propose donc de vous les présenter. 

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Il y a Gilbert, haut comme trois pommes, bruyant comme un cochon qu'on égorge. La voix haut perchée, il a toujours quelque chose à répondre à ce qu'on peut lui reprocher. "Oui mais en fait ..." En fait c'est moi le chef et toi tu te la fermes. 

 

Il y a aussi Gilbert, ultra généreux, le soir du premier jour, sa trousse était vide de tout matériel. Il avait tout prêté à des copains, trop content de trouver un taille crayon cars, une gomme spiderman, ... Bien entendu, le matériel n'était absolument pas marqué, et on a galéré à retrouver tous les éléments. D'ailleurs, il n'a toujours pas de crayon à papier.

 

Gilbert, lui se distingue par son sens de l'équilibre. 4 pieds sur une chaise ? Ça c'est pour les faibles, Gilbert n'en utilise que 2. Voire 1 seul. J'ai beau lui avoir fait peur en lui montrant ce que ça donnait quand on perd l'équilibre, il continue. Toi, tu vas bientôt voir arriver un tabouret à ta place ! 

 

Gilbert hypersensible lui, ne l'est que quand je gronde. Tout sourire, voir gros éclats de rire en classe, jusqu'à ce que je hausse le ton, et les "hi hi hi" "mouhahaha" sont replacés par un tout aussi bruyant "OUIIIIIIIN" ... 

 

Il y a Gilbert, mutique, je ne sais pas si j'ai entendu le son de sa voix plus d'une dizaine de fois en 3 mois. Totalement enfermé là dedans, regard noir, limite autistique dans son comportement.

 

Il y a ceux qui savaient lire en arrivant dans ma classe, et celui qui au bout de 3 mois ne sait toujours pas que quand il voit un A, tout seul, il y a des chances pour qu'il se prononce AAAAA ! Et pas SSSSS ...

 

Il y a Gilbert qui a besoin d'une AVS mais suit super bien la classe, et celui qui aurait besoin d'une instit pour lui tout seul ... 

 

Et celui qui me demande très sérieusement "Maîtresse, t'as des pouvoirs magiques toi ?" 

 

Bref, je ne m'ennuie pas ! Heureusement, il y a les vacances ! 

 

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 21:34

Le plus fatigant, quand une année scolaire commence avec Gilbert, c'est de lui faire comprendre qui est le patron. A la maison, souvent, c'est lui, le patron. Mais hors de question qu'il en soit de même à l'école. 

 

Pour ça, j'ai quelques techniques. Comme je suis généreuse et pédagogue, je m'en viens les partager avec les jeunes profs qui me suivent.

 

Technique n° 1 : Le curare

Exemple : Gilbert a une fâcheuse tendance à brailler : Une petite piqûre, c'est comme un vaccin, et la maîtresse est tranquille pour une heure ou deux. 

Attention : Difficile de s'en procurer. 

 

Technique n° 2 : Le bottin 

Exemple : Gilbert a une fâcheuse tendance à frapper : Un coup de bottin sur la tête, et il comprendra aisément que frapper, ça fait mal, surtout à celui qui est dessous.

Attention : évitez quand même le coup de bottin derrière la nuque. Y'en a qu'ont essayé, ils ont eu des problèmes.

 

Technique n° 3 : Le taser®

Exemple : Gilbert a une fâcheuse tendance à gesticuler : un coup de taser, et subitement, ses gestes sont plus mesurés. 

Attention : À utiliser avec modération. Certains sujets mettent du temps avant de retrouver un discours cohérent. 

 

Technique n° 4 : Le scotch

Exemple : Gilbert a une fâcheuse tendance à brailler/gesticuler/frapper : Un rouleau de scotch, et il éprouve subitement quelques difficultés à ouvrir la bouche/se lever de sa chaise/bouger les bras et les jambes.

Attention : choisissez du scotch hypo-allergénique. On est quand même pas des monstres. 

 

J'espère que cette malette pédagogique sera d'une grande utilité à tous les enseignants !

 

Bonne rentrée !

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 16:01

Alors que les médias ne parlent que de la rentrée, parlons un peu de la seule source de motivation de toute feignasse de prof qui se respecte : LES VACANCES. Et encore mieux : LES GRANDES VACANCES ! (Parce que pendant les petites vacances, ya toujours des choses à préparer pour l'école (mais ne le répétez pas, certains pourraient croire qu'on travaille parfois) )

 

Cette année, elles commencaient le 5 juillet au soir pour Gilbert. 

Généralement, une fois la sortie des classes passée, je range un peu la classe vide totalement la moindre étagère, puis je vide la classe de tous ses meubles pour que ces messieurs de l'entreprise de nettoyage puissent passer une grosse machine sur mon lino tout pourri. Une fois que le déménagement est fini, je n'ai généralement plus trop envie de travailler, rapport au fait qu'il ne reste plus rien dans ma classe, même pas une chaise pour s'asseoir, ou une table pour poser ses affaires. Rapport au fait aussi qu'il faut un diplôme d'escalade pour se déplacer dans les couloirs, vu que tous les meubles de toutes les classes y sont entreposés. 

Alors, à partir du 14 juillet, je me considère en vacances. Et je me dispense d'aller à l'école ou d'ouvrir mon cartable pour trier tous les papiers que j'y ai fourré, le soir de la sortie. En général, il me faut encore un peu plus d'une semaine pour décrocher. C'est à dire arrêter de me dire "tiens, j'aimerai bien faire ça avec Gilbert l'année prochaine" ou bien "Ouiiiiiiiiii fini l'année avec ce gamin qui me sortait par les yeux" ou encore "Noooooon je récupère ce gamin qui, je le sens, va me sortir par les yeux au bout de deux jours". 

 

Enfin j'arrive à me détendre. A moi le voyage sous les tropiques, gracieusement payé par l'Éducation Nationale, à moi le yacht de 30m, dans les archipels méditerranéens, à moi les mojitos avec mon chéri sous le soleil de Saint Barth. Bref, à moi la belle vie.

 

Et soudain, un jour, les autres personnes de mon entourage, ceux qui bossent, eux, même en été quand tout le monde se la coule douce, m'annoncent que la semaine prochaine, elles ont 3 jours de week end. C'est l'alarme qui rappelle à mon esprit qu'on approche du 15 août, et qu'il est temps d'arrêter de rêver. Il faut se remettre au boulot. 

Bien sur, la première réaction est le déni. "On doit plutôt être le 14 juillet, ce n'est sûrement pas le 15 août qui arrive 3 jours à peine après le début des vacances."   

Puis vient la colère. "Mais enfin, je n'ai eu le temps de rien faire, c'est scandaleux !"

La négociation. "Encore une ou deux grasses mat', et je m'y remets"

La tristesse. "C'est trop injuste, j'ai même pas eu le temps de visiter toutes les plages de Bora-Bora" 

La résignation. "Il fallait bien que ça arrive un jour"

L'acceptation. "Demain, je m'y remets"  "C'est quand les prochaines vacances ?"

 

Alors, après le 15 août, je reprends le chemin des cahiers. J'ouvre mon cartable, et je tombe sur tout ce que j'y ai mis avant de partir, quelques semaines plus tôt.

 

Alors comme vous pouvez le constater, je suis une feignasse de prof, comme les autres, j'ai 2 mois de vacances l'été. D'ailleurs, il suffit de compter. 14 juillet - 15 août.

 72229_1682153534551_5964449_n.jpgimage via le blog http://dangerecole.blogspot.fr

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 22:56

"Si on met les doigts dans les prises, on peut se faire électricoter !"

Gilbert 5 ans.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 19:41

Au programme de l'école primaire, dans la catégorie "Activités Physiques et Sportives", il y a un chapitre "Natation" qui m'oblige depuis 1 mois, à accompagner Gilbert à la piscine tous les vendredis. Et croyez moi, c'est loin d'être une partie de plaisir.

 

Ça commence à l'école. 10 min avant l'heure habituelle de début de la classe, je compte et recompte mes ouailles. Nous devons être dans l'eau à l'heure où habituellement j'attends que Gilbert se souvienne qu'on ne peut pas être dimanche, vu qu'il n'y a jamais d'école le dimanche. Alors il faut partir AVANT l'heure. Le car nous attend déjà dehors. Il en manque un ? Tant pis pour lui, tant mieux pour moi. Vous comprendrez vite pourquoi.

Nous montons donc VITE dans le car, recomptons les présents, et les sacs. Non, Gilbert pas ton cartable à la piscine, par contre, le petit sac avec ta serviette, ton maillot et ton bonnet de bain serait le bienvenu. Je cours, échange cartable contre sac à dos au porte manteau, remonte dans le car, qui démarre. OK, on est partis.

Le car s'arrête devant la piscine, en double file, avec 10 voitures mécontentes derrière. Je presse donc Gilbert de sortir du car. Je compte les enfants, les sacs. Une maman accompagnatrice sort du car avec les 5 sacs restés sous les sièges. Motivé, Gilbert, pour aller se baigner ce matin.

Dans la piscine, vient l'épreuve du vestiaire. Ce qui doit déjà être bien compliqué en vestiaire collectif devient une compétition olympique quand la piscine est "désolée de n'avoir plus que des cabines individuelles". Mais pas assez pour tous les enfants, bien sur. Une cabine pour trois Gilbert. Le sens de l'organisation n'étant pas un don inné chez les gnomes, je prends les choses en main. Toi, toi et toi, ici, là. Toi et toi là bas. Au bout de 15 min, Gilbert est sorti 3 fois de sa cabine, pour me demander s'il devait aussi retirer ses chaussettes, pour me demander s'il pouvait remettre un pull par dessus son maillot parce que quand même il n'a pas très chaud, et pour me demander où j'ai mis son cartable, parce que le bonnet de bain est resté dedans.

Les gnomes sont prêts, maillotés, bonnetés, frissonnants à l'entrée des douches quand soudain. "Euuuh Gilbert, c'est quoi cet élastique qui dépasse de ton maillot ?" "Ben c'est mon slip maîtresse." Arg. Retour aux cabines avec une maman, passage sous la douche "pas plus de 5 secondes chacun", et les voici mouillés, grelottant et excités comme des puces devant le maître nageur qui les calme d'emblée.

Environ 2 têtes de plus que moi (soit 5 de plus que Gilbert), deux fois ma largeur d'épaule, la moustache et le poil aux pattes finissent un tableau qui impressionne drôlement Gilbert (je pioche des idées pour imposer mon autorité). Il annonce qu'on va faire des groupes de niveau. Fait sauter tous les gnomes dans l'eau, et compte combien remontent tous seuls à la surface (ou presque). J'envisage avec un petit sourire une classe diminuée de tous les éléments ne sachant pas nager, avant de constater avec stupeur que ceux qui restent au fond sont mes meilleurs éléments. Même pas drôle. 

A peine le temps de les faire sauter, longer le bord et mettre la tête sous l'eau qu'il est déjà temps de faire marche arrière pour laisser notre place à une nouvelle fournée de Gilbert tremblottants, tout juste sortis de la douche.

Je cède ma place, raccompagne les miens pour un rapide passage sous la douche, et retrouve avec plaisir les parents venus aider au vestiaire.

Gilbert met 3 min à retrouver sa cabine. Ou plutôt : 3 min pour retrouver la cabine où il a retiré son jean, 3 min pour celle où il a enlevé ses chaussettes (à contrecoeur, rappelez vous), 3 autres pour le t-shirt, etc. 15 min plus tard, tous les élèves sont prêts, rangés, chaussés. Tous, sauf 3. Il manque 2 pantalons. Il reste 7 maillots mouillés par terre. Et 3 slips aussi. Et celui-ci n'a plus de chaussures.

Avec les parents, nous entamons donc une inspection générale,retrouvons les 4 gnomes rhabillés mais sans slip sous le pantalon, ceux qui ont 2 pantalons sur eux, ceux qui ont oublié leur maillot et ceux qui se sont trompés de chaussures. Et nous partons en courant jusqu'au car, un peu énervé de nous avoir attendu 5 min. Il démarre donc avant que nous ayons attaché tous les enfants, heureusement que nous les avions comptés. 

 

À l'arrivée à l'école, nous retrouvons sur la cour Gilbert, qui, arrivé 10 min après le départ du car, a passé une petite matinée tranquille à faire un coloriage magique dans la classe de ma collègue. Ce que je peux l'envier à ce moment précis ... 

 

Nous sommes vendredi, il est 17h30, la maman de Gilbert (pas celle qui est venue nous accompagner, une qui "travaille, elle") vient me voir catastrophée. "Gilbert vient de me dire qu'il n'a pas eu le temps de prendre une douche en sortant ? Je lui avais pourtant donné son gel douche, son shampooing, et son gel "hygiène intime", je ne comprends pas".

Ah. Ben venez la prochaine fois, vous comprendrez je crois.  

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 13:14

"Maîtresse, moi ce week end, je me suis baigné dans l'océan aquatique !" 

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