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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 10:32

Alors Gilbert, comment s'appelle le petit du lapin ?

Le lapinou ?

Non Gilbert, on dit le lapereau !

 

Aaaaaaah comme quand y'a des gens qui viennent boire à la maison !

Published by Ninoche - dans Brèves
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 19:00

Qu'est ce qui vous rend heureux ?

Pas facile cette question hein. Moi je suis un peu maso, je l'ai posée à mes élèves en ce début d'année.

En projet d'écriture, je leur ai même demandé de m'écrire leur recette du bien-être. J'avoue que le moment de la correction a été particulièrement savoureux. Voici donc quelques extraits.

 

Prenez un très très grand saladier et les ingrédients suivants :

- du chocolat (plein, selon les recette, ça va de 4kg à plusieurs tonnes)

- des copains

- des récréations

- une console

- de la famille

N'oubliez pas les vacances hein !

Mais aussi :

"1 000 000 000 tonnes de sagesse et 1 000 000 000 ... 000 tonnes de bêtises"

"100 000 g de paix avec ma sœur"

"des gentilles maîtresses"

 

Quelques ingrédients précieux viennent parfois s'immiscer dans leurs recettes :

de la paix, du "non à la guerre", du sourire, du plaisir, des rires, et de l'amour, bien sur.

 

Vient ensuite la réalisation de la recette.

Il y a la version courte, mais adorable "Mélangez le tout dans un câlin pendant 2h"

La version un peu violente : "Rajoutez les maîtresses, mélangez et une heure de cuisson"

La version trash : "Mettez la famille au micro-ondes avec la danse"

Très trash : "coupez jusqu'à en faire de la bouillie"

 

Et hop, au four !

 

Gilbert vous souhaite bon appétit !

 

(et parce qu'avec les fautes d'origine, c'est encore plus savoureux, quelques images ci-dessous)

La recette du bien-être
La recette du bien-être
La recette du bien-être
La recette du bien-être
Published by Ninoche - dans A l'école
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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 06:49

Lundi matin, 8h30, je monte dans ma voiture. Une pointe de nostalgie s'empare de moi. Une pointe d'envie aussi. Ça y est, je vais retrouver mes collègues, c'est le jour de la pré-rentrée.

9h, tout le monde est en salle des profs. Ou presque. Avec une tasse à la main, on se raconte nos vacances. Ah, ton petit dernier a eu la varicelle ? Pas de chance ! Ah, tu as passé tes vacances aux Antilles ? J'avais oublié que ton mari est banquier ! Il y a les collègues bronzées qui ne sont visiblement pas parties au même endroit que moi. Celles toujours motivées, déjà presque assises autour de la table de réunion. Celles (comme moi) qui auraient bien pris un petit rab de sommeil ce matin.

9h30 le café est fini, la directrice use de toute sa diplomatie pour nous faire asseoir. On s'y met.

- "A la rentrée des directeurs, ils nous ont parlé du PPMS, il va falloir qu'on en discute. Vous avez entendu, il va falloir faire un exercice "intrusion attentat" avant la Toussaint.

- Mais l'an dernier, on avait déjà fait un exercice de confinement, ça change quelque chose ?

- Il va falloir se préparer éventuellement à évacuer les élèves. Bon, si on reprend la trame de celui de l'an dernier Géraldine, tu rejoins Stéphanie dans sa classe. Martine, tu rejoins Marie-Françoise. Et toi Ninoche ? Euuuh ben ta classe c'est le pré-fabriqué au milieu de la cour, dans une hypothèse d'attentat ...

- Et si le tireur fou rentre par en haut, la porte de la cantine ? Et si ...

- On a l'obligation d'afficher un panneau PPMS en cours, qui se dévoue pour traverser la cour et aller l'accrocher au portail ?

- Je vous rappelle que vous avez du scotch dans les boites, pour calfeutrer les fenêtres.

- Oui, mais il est pas assez large pour les fenêtres coulissantes, on avait essayé l'an dernier.

- Euuuh oui, mais dans le commerce ils font pas plus large.

- Arf, pas grave alors."

 

Je vous épargnerai l'heure et demi de discussion sur le sujet, le dilemme sur "je préviens un max de personnes en même temps en sonnant la cloche mais du coup je me fais repérer par le tireur.", les questions du genre "et si Mme Michu vient chercher Gilbert pour sa séance d'orthophoniste au milieu du PPMS ?", les interrogations sur comment "entrainer les élèves à réagir de façon appropriée" sans créer un climat de peur ...

Heureusement que l'inspecteur insiste pour qu'on fasse en sorte que l'enfant trouve à l'école un espace sécurisant.

 

Finalement les nouveaux programmes, c'est passé comme une lettre à la poste parce qu'après toutes ces émotions, on avait plus vraiment le temps de débattre de la réforme. Et que pour une première matinée, on allait quand même pas rater la pause café.

 

Pas de doute, cette année, on va bien s'amuser ...

La pré-rentrée comme si vous y étiez
Published by Ninoche - dans A l'école
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 12:57

8h45 : la cloche sonne. D'un pas alerte, je rejoins mes élèves. Fait notable, ce matin, ils sont presque rangés quand j'arrive. Il faut croire qu'ils sont fatigués de jouer.

9h : J'ai fait l'appel, distribué les courriers, récupéré l'argent de la tombola, présenté le programme du jour.

9h15 : J'ai tout bien expliqué, réexpliqué, fait reformulé par deux élèves les exercices de l'évaluation de géométrie.

9h16 : La maman de Gilbert frappe. Ah oui, c'est vrai, il va chez l'orthophoniste. Un jour, j'arrêterai d'oublier et de programmer une évaluation à ce moment là.

9h30 : Les premiers élèves terminent leur évaluation.

9h45 : Les derniers élèves terminent leur évaluation.

J'organise une minute de détente (automassages, percussions corporelles) et je lance la séance de grammaire.

Au programme, réactivation de la séance de la semaine passée sur les variations du verbe en fonction du temps.

10h : Gilbert rentre de chez l'orthophoniste. Je lui réexplique le tout et je continue. Je donne une phrase, ils la transforment en changeant "maintenant" par "hier" ou "demain". Gilbert ne dit rien et regarde dehors.

Je baisse le store, réexplique, fait reformuler l'exercice par deux élèves, et demande à Gilbert "Alors, si je dis "Hier je chanterai une chanson" ça te semble possible ?".

Regard vide.

"Gilbert ? ça se dit "Hier je chanterai une chanson??".

Le voisin de droite répond "BAH NON".

Du coup, je change d'exemple. "Gilbert, est ce qu'on peut dire "Demain, j'étais en vacances ?".

Le voisin de derrière répond "Bah non".

Gilbert répète "non".

J'encourage, je valorise "OUIII Biiiiien, pourquoi on peut pas ? Qu'est ce qu'on dirait ?"

"On peut pas parce que les vacances c'est pas demain."

 

 

Une matinée ordinaire
Published by Ninoche - dans A l'école
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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 21:02

Avec Gilbert, cette semaine, on est allés à la mer. Petite sortie découverte du littoral et pêche à pieds. Des journées comme ça c'est super, ça nous sort de la classe et ça permet aux enfants de découvrir des choses différentes, d'apprendre dans un autre cadre.

8h15 : Le car est à l'heure. Gilbert presque. Sa maman lui rappelle bien fort à coté de moi qu'il faut bien attacher sa ceinture dans le car.

"Non mais on vérifie madame, ne vous inquiétez pas"

Les parents présents chargent les sacs des enfants dans les soutes du car. En vrac.

Les enfants récupèrent le badge contenant leur prénom, le numéro de l'école et le mien, au cas où l'un d'eux se perde, histoire que ça ne soit pas définitif. Ils montent dans le car. Ça crie, ça court, ça rigole dans tous les coins. Bref, c'est un départ de sortie scolaire tout ce qu'il y a de plus classique.

Petit coup de stress quand tu te rends compte que le seul gamin que tu n'as pas badgé c'est celui qui doit venir accompagné de son papa.

Mais ça va, ils arrivent quelques minutes plus tard.

On compte on recompte. Et on part.

8h40 : le niveau sonore au fond du car frôle celui du Hellfest. Gilbert appelle un accompagnateur. A force de se tourner et de gigoter dans tous les sens (limité par la ceinture, on est pas des malades), il a un peu mal au ventre. Je dégaine le sac à vomi, rapatrie le gamin devant, l'incite fortement à ne pas rendre son petit déjeuner en restant calme et en regardant devant.

 

10h : On arrive à la mer. Il était temps. Ça fait 45 minutes que les mômes demandent toutes les trois minutes "et c'est quand qu'on arriiiiiiiive ?". Ça fait 30 minutes que, lassés d'attendre en ne faisant que brailler, ils ont décidé de reprendre en intégralité le répertoire de Louane et Kids United. Nerveusement, c'est dur. 5 minutes avant la fin, l'apothéose. Gilbert remarque qu'on roule à coté d'une grande étendue bleue qui fait des vagues. Et se met à hurler "LA MER LA MER LA MER" J'ai hurlé plus fort. Ils se sont tus.

 

10h30 : les animateurs ont tout bien expliqué le déroulement de la journée. On part en randonnée sur le bord de mer, et cet après-midi, pêche à pieds. On commence sur la plage, ramasser tout ce que la mer peut rapporter. Gilbert se met à pleurer. "J'ai du sable dans mes chaussuuuuuuuures" La journée va être longue.

 

10h40 : Gilbert a envie de faire pipi. On est en pleine nature, rien n'est aménagé. Je confie les garçons au papa de Gilbert, et je prends les filles avec moi. Dans un coin de la plage, je leur dis "allez, on va se mettre là." Regards interloqués. "Oui, on va faire pipi ici, y'a pas de toilettes ici !" Blanc. "Euuuh vous n'avez jamais fait pipi dans la nature ? ben c'est pas compliqué, on baisse son pantalon, on se met accroupi, comme ça (oui, je mime (sans retirer mon pantalon, on n'est pas des sauvages)) et on fait attention à bien écarter les jambes pour ne pas faire pipi sur son pantalon ou ses chaussures !" (Hahaha la bonne blague) Gilberte a tout bien écouté. Comme d'habitude en classe en fait (soit juste la première phrase). Elle baisse son pantalon. Et fait pipi. Debout. Comme ça, tranquille. Puis se met à pleurer, parce que son pantalon est tout mouillé. SANS BLAGUE.

 

11h : La maman de Gilberte revient. Elle a changé sa fille avec le pantalon de rechange prévu pour la pêche à pieds. On croise les doigts pour l'après midi.

 

12h : Gilbert a découvert la dune, a couru sur la plage, a lancé du sable sur ses copains, a fait 10 châteaux de sable. Bref, Gilbert est HEU-REUX ! Mais il a la dalle. On rentre au car. On galère un peu à retrouver le pique-nique de tout le monde, rapport aux sacs jetés en vrac dans la soute, mais finalement, tout le monde a à manger.

Le papa de Gilbert me demande "Au bout de combien de jours on vous donne des anti-dépresseurs pour tenir, dans votre métier ?"

Je souris. Il a l'air sérieux. "On tient le coup parce qu'on aime ça. Oui, ça a l'air un peu dingue comme ça mais je vous jure."

 

L'après-midi pêche à pieds commence par une marche, pour rejoindre la zone recherchée. On marche dans la vase, Gilbert adore. Son pantalon moins. Au bout de 10 minutes, il est déjà trempé et marron, mais c'est pas grave. Parce que ça va pas s'arranger.

Gilbert attrape des crabes. Il hurle de joie.

Gilbert attrape des crevettes. Il hurle de joie.

Gilbert tombe les fesses dans l'eau. Il hurle.

Gilbert fait volontairement rentrer de l'eau dans ses bottes. Je hurle (pas de joie).

On s'éclate, l'après midi passe vite. Le papa de Gilbert a l'air bien fatigué. Les gamins aussi.

 

16h : de retour au car, état des lieux. 9 enfants sur 10 doivent changer de pantalon mais ils ont l'air content. Le papa de Gilbert tire la tronche, mais au moins, il ne doit pas changer de pantalon.

 

On compte, on recompte, et on monte dans le car après un goûter bien mérité.

16h10 : je prends le goûter au chocolat dégoulinant que Gilbert finissait dans le car. Histoire que le chauffeur ne crise pas. Je dis gentiment à Gilbert que je lui redonnerai en descendant, mais (un peu plus fort pour que tout le monde m'entende) "on a pas le droit de manger dans le car.

Je redescend à l'avant. Et je commence à me détendre.

16h20 : Un peu surprise d'entendre le niveau sonore baisser et d'entendre quelques "merci". Je me retourne pour comprendre ce qu'il se passe. La maman de Gilbert, tranquille Émile, a décidé de distribuer des bonbons aux enfants. A 110km/h sur l'autoroute, elle se promène avec son sachet. Alors que je venais de dire qu'on ne mangeait pas dans le car. GÉ-NIAL.

 

17h30 : on arrive à l'école. Gilbert descend, retrouve ses parents.

18h : Le dernier enfant est parti à la garderie. Ma collègue me regarde "ouaaah, mais tu as même bronzé." J'ai les épaules rouge écrevisse. Super. J'ai vraiment tout gagné !

Une journée pas comme les autres
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 20:00

J'ai grandi dans une famille plutôt aisée. Avec des parents attentionnés, plutôt du genre équilibrés, aimants, et toujours très amoureux l'un de l'autre.

 

Jusqu'à mes débuts dans l'enseignement, j'avais conscience, bien sûr, que ce n'était pas le cas pour tout le monde, que certains n'avaient qu'un parent sur les deux, que des parents pouvaient être maltraitants. Que tout le monde n'avait pas les moyens financiers de ma famille. Mais cette réalité était floue parce que très éloignée de la mienne.

 

Et puis, j'ai été nommée dans un secteur défavorisé. Sur un poste spécialisé dans l'accompagnement des élèves en situation de très grande difficulté scolaire. Dans certains cas, ces énormes difficultés s'accompagnent de difficultés sociales.

En réunion, j'ai dit à des parents des choses que jamais je n'aurais imaginé possibles avant. Et j'ai découvert qu'ils m'écoutaient avec le respect qu'on donne aux personnes qui "savent".

 

"Madame, vous savez, quand Gilbert fait pipi dans sa culotte, ce n'est pas grave, ça peut arriver, mais il faut laver le pantalon, pas seulement le faire sécher, et pareil pour la culotte. Oui, et Gilbert aussi il faut le laver, soigneusement. C'est important d'accord ?"

 

"Non monsieur, le coca dans le biberon de votre fils ce n'est pas forcément une bonne idée. Peut-être que les difficultés de sommeil dont vous nous parlez sont liées aux excitants, contenus dans le coca. C'est un peu comme le café, ça énerve. Si si, je vous assure."

 

"Non monsieur, je ne peux pas laisser Gilbert repartir avec vous. Vous êtes ivre, vous avez du mal à tenir debout regardez. Vous voulez vous asseoir, je peux appeler la maman de Gilbert pour qu'elle vienne vous chercher tous les deux si vous voulez ?"

 

J'ai donné une douche une fois, dans la salle de bain de l'école maternelle au premier Gilbert.

J'ai attendu dans ma classe, avec Gilbert et son papa ivre, qui pleurait de colère et que son fils essayait de calmer, visiblement habitué à la situation.

 

J'avais 23 ans. J'ai découvert la misère. Ça m'a changée à tout jamais.

Le jour où j'ai pris conscience de mes privilèges
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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 20:35
Amuse toi bien !

8h45 - Devant l'école, Gilbert s'apprête à quitter son papa, vêtu d'un costume cravate.

Le Papa de Gilbert : Bisous mon grand, bonne journée ! Et amuse-toi bien !

Gilbert : Bisous papa ! Amuse toi bien !

Le Papa de Gilbert : Je vais travailler !

Gilbert : Moi aussi papa !

BAM dans ta face. Gilbert a mieux compris que son père le rôle de l'école. Et moi j'ai bien rigolé !

Gilbert, ce troll mignon qui ne vient pas à l'école pour se la couler douce.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 16:39

Chez ma grand-mère, quand on était petits, ça voulait dire de l’autre coté de la terrasse. La maison mitoyenne avait été achetée par mes parents pour mes grands parents vieillissants et isolés dans leur campagne berrichonne. Ce fut le lieu de mes mercredi d’enfance. Un peu comme un voyage dans le temps dès la porte franchie.

Chez ma grand-mère, ça sentait la laque, les chats, et un peu la poussière.

Chez ma grand-mère, il y avait un buffet en bois dans lequel on trouvait plein de trésors. Une boite avec des bonbons à la violette. Une autre avec une tonne de boutons avec lesquels on jouait aux puces. Encore une autre où elle rangeait soigneusement tous les napperons qu’elle crochetait en regardant la télé.

Chez ma grand-mère, aux murs, il y avait des dessins qu’on lui avait offerts pour son anniversaire et où elle barrait soigneusement le chiffre tous les ans pour le remplacer par le bon. Et dans quelques endroits, on trouvait nos œuvres directement sur le papier peint blanc.

Chez ma grand-mère, sur les murs, on pouvait aussi voir des vieux canevas poussiéreux, représentant la campagne, des photos en noir et blanc de mes arrière-grands-parents, que je n’ai jamais connu, le dernier calendrier de la poste avec des petits chats intemporels et des cartes et des plans à l’intérieur.

Chez ma grand-mère, à coté des appareils modernes comme le téléphone où la chaine hifi, il y avait un papier explicatif, rédigé de sa main, avec son écriture reconnaissable entre mille. Comment appeler mon père, comment mettre la radio, comment écouter un message, que faire si ça clignote, …

Chez ma grand-mère, il y avait une grande armoire, avec des sacs entiers de pelotes de laine. Et une boite où elle rangeait des petits carrés qu’elle tricotait avec les chutes. Quand il y avait assez de carrés, elle en faisait des couvertures. J’en ai gardé une chez moi. Elle n’est objectivement pas très belle, mais elle est chargée de souvenirs.

Chez ma grand-mère, sur la commode de la chambre, à coté des vieilles poupées de porcelaine, on trouvait une ou deux poules en chocolat. Auxquelles elle n’avait pas touché parce que « elle est bien jolie, on ne va pas lui couper la tête quand même ».

Aujourd’hui, c’est Pâques, et je viens de sacrifier mon lapin or en pensant fort à toi, Mamie. J’espère que d’où tu es, tu ne m’en veux pas trop.

Chez ma grand-mère
Published by Ninoche - dans Ma petite vie
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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 16:34

Il y a quelques mois, j'accueillais dans ma classe une fournée toute neuve d'élèves, frais émoulus de l'école maternelle. La plupart étaient venus me voir la dernière semaine, depuis la classe d'en face, celle de ma collègue de grande section.

Mais pas Gilbert. Lui, il arrivait d'un autre département. Dans l'été, une maladie grave avait obligé sa famille a déménager dans la grande ville où je travaille pour permettre à son papa de se faire soigner.

Tout de suite, j'avais remarqué une tendance au bégaiement, et au fur et à mesure, les difficultés en lecture se sont révélées.

En raison de la situation, je ne voyais que très très peu les parents, pas facile de communiquer. Mais quelques entrevues au portail se sont révélées très productives : Oui, Gilbert était suivi par un orthophoniste avant de déménager. Oui, ils venaient d'en trouver un ici qui acceptait de le prendre. Et les séances commenceraient dès la semaine suivante "si c'est possible qu'on fasse les séances sur le temps de classe".

Chez Gilbert, j'ai remarqué aussi une sacré volonté. Pour s'intégrer déjà, en quelques semaines c'était la coqueluche de la classe. Et pour le travail, malgré ses difficultés, Gilbert s'accrochait, retenait toujours mes petits mots d'encouragement. Quand il me rapportait une dictée où un seul des 5 mots contenait les bons sons, je disais toujours "mais celui là c'est très bien et c'était pas le plus facile". Et Gilbert me le répétait "tu vois, j'ai expliqué à Maman que j'avais quand même bien travaillé parce que c'était pas le plus facile que j'ai réussi"

 

Tu as bien fait Gilbert. Bien fait de retenir le positif, bien fait de t'accrocher. Parce que je suis tellement fière de tes progrès. Je peux te le dire maintenant, en novembre, j'avais vraiment peur que toi et moi on n'y arrive pas. J'avais peur que la lecture ce soit vraiment trop dur. J'avais peur que tu te décourages comme tant d'autres l'auraient sûrement fait dans ta situation.

Tu peux être fier Gilbert. Tu as le droit de me dire "tu as vu, j'ai tout réussi" même si je te l'ai déjà dit. Parce que cette réussite, c'est le fruit de tes efforts.

Tu sais lire Gilbert. Il me reste quelques petites choses à t'apprendre, mais tu sais lire.

Alors je dirais juste un mot : Bravo Gilbert !

Published by Ninoche - dans école
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 21:45
Say what ?

Il y a 10 ans, j'habitais en Irlande. Pour un an, pour mes études.

J'avais étudié l'anglais pendant 1 an à l'école primaire, 4 ans au collège avec l'option classe européenne, 3 ans au lycée, avec l'option spécialisée, et 2 ans en fac d'anglais donc.

Je me sentais à l'aise, capable d'affronter la vie en pays anglophone.

Quand je suis arrivée, déjà, trouver l'université m'a valu mon premier revers, et toutes les démarches avec les irlandais m'ont fait prendre conscience que l'anglais BBC soigneusement répété pendant des années n'allait pas m'être d'une grande aide.

Et cela m'a valu quelques situations cocasses.

Au moment des formalités d'inscription, je rencontre une personne qui m'indique que je dois absolument m'enregistrer au service médical des étudiants.

Je m'y rends donc et je tombe sur une secrétaire. Je me présente et j'explique la raison de ma venue.

"Hello, I'm a French student, I was told that I had to come here to register as a foreign student"

(Bonjour, je suis une étudiante française, on m'a dit qu'il fallait que je vienne m'enregistrer ici comme étudiante étrangère)

Elle ne me répond pas. Et continue à taper sur son ordinateur.

Je reprends.

"Excuse me madam ?"

(Ai-je besoin de traduire ?)

"Good afternoon, Ifiuelsiegootignemoo ?"

(Bonjour *baragouin incompréhensible à l'intonation montante comme une question*)

Je prends un air un peu surpris, je chausse mon plus bel accent français :

"I am sorry, I am French, I haven't understood what you just said, could you speak a bit slower please ?"

(Je suis désolée, je suis Française et je n'ai pas compris ce que vous venez de dire, pourriez vous s'il vous plait parler un peu plus lentement ?)

"Student card ?"

(Carte d'étudiant)

Je tends ma carte d'étudiante.

Elle tape des choses sur son ordi et reprend

"Ufomeantoyouhimebariuloho ?"

(...)

"I am really sorry but I didn't understand."

(J'ai rien compris)

"Ufomeantoyouhimebariuloho ?"

(... bis)

"..."

Elle, l'air pressé :

"Yes ? No ?"

Dans le doute, et pour ne pas l'irriter davantage, j'ai marmonné un "Yes ?"

Avec un regard compatissant, et sentant bien qu'elle passerait plus de temps à se faire comprendre, elle se lève et m'indique de la suivre.

C'est comme ça que je me suis retrouvée à faire une visite médicale facultative.

Heureusement, l'accent du docteur était plus compréhensible ...

Published by Ninoche - dans Ma petite vie
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Qui Est Gilbert ?